Dimanche 2 mai 2010
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On défile et ça va pas
1er mai 2010 (photo la voix du nord)
Il parait que 70% des français approuvent les manifestations du 1er mai, manque de chance il n'y a pas eu 70% de
français dans la rue ... ça aurait été su.
Alors ça veut dire quoi tout ça . Plus tu défiles plus t'es con, plus tu défiles plus on t'enc....
.
Peut-être que ce n'est plus au point, la machine infernale du capitalisme ne peut plus s'arrêter de dévorer états,
matières premières et ressources humaines.. il n'y a rien à attendre d'un tel système que de rembourser une "dette" que nous avons déjà payer avec nos impôts, notre travail, notre TVA
...
Aujourd'hui c'est la Grèce, mais demain ... les banques prêtent à l'état l'argent qu'elles nous ont volé en faisant
de la plus value sur notre force de travail...
Maryvonne Leray
MORNE 1er MAI
par Patrick Mignard
La tradition a la vie dure, et nous mène durement la vie. Il y aurait/a des « passages obligés » par lequel, en fonction
de ses convictions et de ses engagements, l’on doit passer au risque de se « dédire », de « trahir » et de « culpabiliser ».
Il est toujours difficile de se dégager, libérer de la tradition, même quand celle-ci apparaît comme obsolète. Abandonner le tradition, c’est abandonner une partie de soi, de son histoire, de son
engagement... et ça on le vit mal, de même que les autres vivent mal notre retrait et nous le font sentir. C’est même tellement douloureux chez certains, qu’ils préfèrent vivre dans le déni et
refuser de voir la réalité......
Alors, soit on se défile subrepticement, sur la pointe des pieds, soit on assume publiquement au risque de se faire montrer du doigt.
UN PEU D’HISTOIRE
La création du 1er Mai est incontestablement une conquête politique et un moment important de la prise de « conscience de classe » de la classe
ouvrière.
Tout cela se passait à une époque de montée « triomphante » du capitalisme, dans quelques pays qui allaient dominer l’économie mondiale durant un siècle. Dominant par la puissance de leur
technologie, la possession des capitaux, le contrôle mondial des matières premières et des énergies, une force de travail abondante, un contexte politique et idéologique susceptible d’asservir «
démocratiquement » - et par la violence si nécessaire (fascismes) - le plus grand nombre.
Cette classe ouvrière, déclarée « fossoyeuse du capitalisme » était indispensable aux grands patrons de l’industrie et de ce fait capable de leur faire lâcher de substantiels avantages.
La résultante des luttes entre le Capital et le Travail a été, historiquement une côte mal taillée dont on paie aujourd’hui les conséquences, ou plutôt les inconséquences : des avantages sociaux
pour les uns, la conservation du système marchand pour les autres. Les « expériences soviétiques » ont toutes sombré dans la catastrophe avec retour au capitalisme.
Lorsque les cartes, au niveau des États ont été redistribuées (décolonisation), que le progrès technique a remplacé massivement l’homme par la machine, que les moyens de communication ont permis
une explosion de la valorisation du capital (mondialisation), que le marché du travail est devenu mondial,... le Capital s’est adapté,... c’est même lui qui a façonné la mondialisation. La
mondialisation c’est sa mondialisation. Le Travail, lui, est resté sur ses positions ambiguës - réformer plutôt que renverser - et sur ses formes de luttes.
Ainsi, cette « classe ouvrière des pays industriels qui devait anéantir le capitalisme » s’est retrouvée en position défensive, de faiblesse et même en liquidation dans ses bastions les plus
puissants. L’ « internationalisme prolétarien s’est volatilisé », les luttes sont devenus obsolètes devant un Capital qui peut les contourner, le refus de l’exploitation a été remplacé par la
crainte de l’exclusion.
On ne se bat plus contre le patron, mais pour qu’il nous garde. On ne se bat plus « pour l’abolition du salariat » (article 2 des statuts de la CGT en 1906),... on en redemande.
Le chômage s’est envolé, les services publics sont liquidés, de même que, progressivement, les acquis sociaux. Le système des retraites estpeu à peu liquidé,... Seuls, les gardiens de musée de
l’orthodoxie prolétarienne osent ânonner les vieux slogans qui sentent bon la naphtaline ! Nostalgie quand tu nous tiens !
Des manifestations, des pétitions, des occupations, des séquestrations, des lamentations,... il y en a tous les jours... Certains vont même jusqu’au suicide. Résultat : NEANT Rien n’y fait, le
Capital sûr de lui continue à prospérer se payant même le luxe de faire payer ses erreurs à ses victimes.
QUE FETE-T-ON EXACTEMENT AUJOURD’HUI ?
A risque de passer pour hérétique, on est en droit de se poser la question.
Jamais un 1er mai n’a été révolutionnaire, point d’orgue ou point de départ de renversement du capitalisme. Tout s’est toujours joué au niveau du discours, des slogans et des symboles.
Revendicatif oui. Révolutionnaire non.
Ceci est encore plus vrai aujourd’hui qu’hier.
Hier, manifester, c’était montrer sa force — qui était réelle — c’était arracher des concessions, des avantages au Capital. Aujourd’hui, manifester c’est protester sachant que l’on ne fait
qu’accompagner la liquidation des acquis sociaux, des entreprises.
Hier manifester et faire grève c’était mettre le couteau sur la gorge du Capital. Aujourd’hui le Capital se fout royalement de nos mobilisations,... et le dit ouvertement. On manifeste et l’on
fait grève pour que les licenciements soient le moins douloureux possibles.
Un 1er Mai sur fond de régression sociale, d’accroissement des inégalités, de liquidations d’un siècle d’acquis sociaux et... d’impuissance dans les luttes.
Hier on montrait sa force. Aujourd’hui on étale sa faiblesse.
C’est dur à admettre, mais il faut bien le reconnaître : nous sommes passés du 1er Mai triomphant au 1er Mai de la soumission et de la capitulation.
Le poids de la tradition, allié à l’hyper bureaucratisation des organisations ouvrières a fait du 1er Mai un véritable mythe intouchable... toute remise en question tenant du sacrilège.
Le 1er Mai fait parti d’un folklore désuet, qui ne correspond plus à la situation stratégique des salariés dans le système marchand.
Ce mythe est tenace,... et on y tient d’autant plus qu’il n’y a rien — ou pas grand-chose - à côté pour exprimer l’aggravation de la condition salariale. Le 1er Mai devient une sorte au messe ou
toutes et tous communient, se donnant l’impression de l’unité, de la solidarité et... de l’efficacité. Un exutoire sans lendemain qui se base sur des formes de luttes aujourd’hui dépassées et un
avenir politique et social incertain et plus que sombre.
Qui peut croire aujourd’hui, que dans les conditions d’existence du Capital, de son existence multiforme, de ses capacités d’adaptation et de nuisance, fondé sur un système politique démagogique
et manipulateur, des démonstrations de rues peuvent le faire reculer ?
Le 1er mai devient le chant du cygne du mouvement social avant le « grand silence » de l’été.
Ne nous faisons aucune illusion... les gestionnaires du Capital, et leurs marionnettes politiques, se foutent complètement de nos mobilisations, sachant qu’elles ne débouchent sur rien. Ce 1er
Mai, pas plus que ceux qui l’ont précédé ces dernières années ne changera quoi que ce soit à la situation qui va aller en empirant.
« Mais si on ne manifeste pas le 1er Mai, qu’est ce qui nous reste pour nous exprimer ? »
Excellente question à laquelle on peut répondre à deux niveaux.
1 - Le peuple a pour s’ « exprimer » les élections dont il n’est plus à démontrer qu’elles ne servent à rien... Tout le monde n’en est pas encore convaincu mais, petit à petit, l’idée fait son
chemin....
2 — S’il ne nous reste plus que le 1er Mai, et autres défilés folkloriques,... alors on peut légitimement en conclure que « les carottes sont cuites », et qu’aucun changement social et politique
n’est possible.
Y a-t-il une autre alternative ?... certainement, mais encore faut-il ne pas rester le « nez dans le guidon » et suivre bêtement les organisations politiques et syndicales qui « /font leur
beurre/ » de la situation dans laquelle nous sommes. Encore faut-il prendre des initiatives qui aillent dans le sens concret d’un changement...
Alors, le 1er Mai c’est vraiment la « lutte finale » ? On peut en douter.
1er Mai 2010
Patrick MIGNARD
Le Grand Soir
on peut lire : Rosa Luxemburg : Réforme sociale ou révolution
Le 1er mai 2010 à Athène (agence reuters)
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