Le président Evo Morales Ayma a condamné aujourd’hui la guerre, l’interventionnisme et le
terrorisme, et a pris fermement la défense de la paix et la souveraineté des peuples dans le cadre d’une plus grande justice dans la répartition de la richesse du monde.
Cette prise de position du Chef d’État bolivien a été exprimée lors de la 63e Session de l’Assemblée Générale des
Nations Unies qui réunit plus d’une centaine de présidents et chefs de gouvernement des pays membres.
Morales, dont le Gouvernement a récemment expulsé de son territoire l’ambassadeur des Etats-Unis, Philip Goldberg, pour
son implication présumée dans une entreprise subversive, a justifié cette décision et l’a revendiquée comme partie intégrante de la lutte des peuples voulant être maîtres de leur
destin.
Après avoir condamné le capitalisme comme « le pire ennemi de l’humanité », le président Morales a
présenté devant l’Assemblée Générale « les dix principes pour sauver la planète ».
Comment en finir avec le capitalisme ? Avec la guerre ? Abordant ce dernier point, il demanda à Georges Bush
de retirer les troupes qu’il maintient en Irak, puis avertit que si ce n’était pas lui qui le faisait, ce seront les peuples qui les expulseront.
Evo Morales a aussi regretté que tandis que les gouvernements d’Amérique latine et d’Europe ont condamné la tentative
de déstabilisation de son Gouvernement légalement constitué et confirmé par deux tiers des électeur le 10 août passé, les Etats-Unis ont gardé un silence des plus suspects.
Il a indiqué que tandis que le président Bush condamnait le terrorisme quelques heures avant son intervention dans ce
forum mondial, les actes terroristes en Bolivie perpétrés par des membres de la droite fasciste et raciste n’aient pas mérité une semblable attention.
Dans un autre point il a exigé d’en finir avec l’impérialisme et le colonialisme, de défendre l’harmonie avec « la
Mère Terre », de considérer les services publics comme un droit humain et non comme une affaire privée, de respecter la liberté et la culture et de vivre en solidarité sans
« asymétries » entre des pays et entre des continents.
« Je ne crois pas qu’il puisse y avoir la paix avec le capitalisme », a réitéré le président Morales.
« C’est une lutte historique de nos peuples. C’est là où se situe la lutte entre riches et pauvres, du socialisme contre le capitalisme. Il y a un soulèvement général des peuples contre un
système économique, contre le capitalisme », a-t-il insisté.
Morales a fait l’éloge de cette « rébellion des peuples contre la misère, la pauvreté, les effets du changement
climatique, la privatisation qui est la responsable de la crise financière ».
Il a soutenu l’opinion que la privatisation des services de base, les pressions de la Banque Mondiale et du Fonds
Monétaire International (FMI) n’ont pas été une solution pour les Boliviens et les Boliviennes.
D’autre part, le Président a dénoncé le fait qu’en Bolivie il y a une conspiration permanente de la part de petits
groupes contre le processus de changement que conduit son Gouvernement, et que quelques secteurs conservateurs ont essayé de le faire tomber depuis le premier jour de sa prise de fonction au
Palais Brûlé [Palacio Quemado], siège du gouvernement bolivien.
« Quand nous sommes arrivés au siège du Gouvernement national, nous nous sommes retrouvés avec un bureau de la CIA
dans le palais », a dénoncé Morales.
Le Chef d’État a signalé que grâce à l’appui de l’Union des Nations sud-américaines (Unasur), la tentative de coup
d’état civil dans son pays a été mise en échec.
Morales a également insisté sur le fait que seule la conscience du peuple sauvera les peuples et que la paix sera
gagnée si on respecte l’identité et la dignité de chaque peuple.
« Il n’y aura pas de la paix avec le capitalisme, travaillons ensemble et
soutenons les luttes de nos peuples, de leurs gouvernements et présidents », a-t-il défendu.
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