Jeudi 9 octobre 2008 4 09 /10 /Oct /2008 23:15




Le marxisme est inconciliable avec le nationalisme, fût‑il le plus « juste », le plus « pur », le plus fin et le plus civilisé. A la place de tout nationalisme, le marxisme met l’internationalisme, la fusion de toutes les nations dans une unité suprême qui se développe sous nos yeux avec chaque nouvelle verste de chemin de fer, chaque nouveau trust international, chaque association ouvrière (internationale par son activité économique et aussi par ses idées, ses aspirations).



Le principe de la nationalité est historiquement inéluctable dans la société bourgeoise, et, compte tenu de cette société, le marxiste reconnaît pleinement la légitimité historique des mouvements nationaux. Mais, pour que cette reconnaissance ne tourne pas à l’apologie du nationalisme, elle doit se borner très strictement à ce qu’il y a progressif dans ces mouvements, afin que cette reconnaissance ne conduise pas à obscurcir la conscience prolétarienne par l’idéologie bourgeoise.

.../...

Quant au prolétariat, loin de vouloir défendre le développement national de toute nation, il met au contraire les masses en garde contre de telles illusions, préconise la liberté la plus complète des échanges capitalistes et salue toute assimilation des nations, excepté l’assimilation par la contrainte ou celle qui s’appuie sur des privilèges.

.../...

Le prolétariat ne peut donner son soutien à aucune consécration du nationalisme ; au contraire, il soutient tout ce qui aide à effacer les distinctions nationales et à faire tomber les barrières nationales, tout ce qui rend la liaison entre nationalités de plus en plus étroite, tout ce qui mène à la fusion des nations. Agir autrement, c’est se ranger aux côtés de la petite bourgeoisie nationaliste réactionnaire.


L'ARTICLE :

NOTES CRITIQUES SUR LA QUESTION NATIONALE


Publié dans : AVENIR DU SOCIALISME ET LUTTE DES CLASSES - Communauté : les anti-capitalistes
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Commentaires

Prendre du recul. Comparer notre situation actuelle avec une autre époque. Ca fait réfléchir et on apprend à différencier l'essentiel (les fondamentaux) de l'accessoire (les circonstances concrètes toujours changeantes). On peut comprendre les contradictions d'une situation et les articuler pour avancer... au lieu de tourner en rond en répétant des slogans...
Commentaire n°1 posté par pierre le 10/10/2008 à 22h20
bonjour,
je ne comprends pas cette démarche qui consiste à déifier un personnage historique, fut il communiste. Je rejoins ce que dit Pierre, il faut analyser Lénine au regard du monde d'aujourd'hui. La vérité n'est pas universelle et intemporelle, la vérité est un concept qu'on a tendance à substituer à la réalité.
Intéressant que de s'interroger sur le concept de nationalisme. Mais j'aurais aimé par exemple un comparitif avec ce qu'écrit Lénine et les réalités d'aujourd'hui. Par exemple, peut t-on séparer l'idée de Nation et l'idée de nationalisme? Je crois personnellement que la nation est et reste le meilleur cadre pour lutter contre l'impérialisme, à condition de tisser des liens interanationaux (ce que le PCF a hélas semble -til abandonné)
La Nation française historiquement s'est construite contre l'impérialisme, contre les monarchies européennes. Que ce concept de Nation ait été dévoyé, je l'admets, il a été récupéré notamment par les socialistes (et non la "droite", ne l'oublions pas!) d'avant la guerre de 14 (Jules Ferry, Gambetta, et l'expansion coloniale de la Troisième République!) pour servir les intérêts du colonialisme, la "mission civilisatrice de la France".

Mais la Nation c'est aussi s'affirmer en tant que peuple souverain contre tout forme de domination (intellectuelle, économique...) venant de l'impérialisme américain, et j'aurais tendance à dire, de l'impérialisme européen. Car j'ai observé un glissement dans les pensées de droite et même de gauche (socialistes europhiles droitiers) : l'europe c'est un peu la volonté d'uniformiser et de dépasser les singularités des nations, des peuples, et de les sacrifier sur l'autel du capitalisme. L'Europe c'est aussi casser toute vélléité de résistance face à l'ultra libéralisme économique européen.
Et n'oublions pas la résistance de nations telles que Cuba, le Venezuela, qui résistent à l'impérialisme économique américain. Ces nations, nous voulons qu'elles existent oui ou non? nous les reconnaissons, oui ou non? et sommes nous pour la création d'un Etat palestinien oui ou non? A ces trois questions, pour ma part, je réponds oui.
Il faut donc je pense faire attention à ne pas tomber dans l'"anti nation" sous pretexte de lutte contre le nationalisme.
fraternellemnt
Astrée
Commentaire n°2 posté par Astrée le 11/10/2008 à 10h44
Il faut bien reconnaitre que des citations sorties de leur contexte font tout à fait dogmatique... et que sans doute il vaut mieux lire l'article entier... qui reconnait tout à la fois une nécessité pour une nation de se sortir du joug de l'oppression et du danger de tomber dans un nationalisme nauséabond... Les textes de Marx Lénine et les autres ne sont jamais des textes qui vont dans un seul sens...

Les préfaces du manifeste sont très explicites de ce point de vue...

Ainsi que le Manifeste l’explique lui-même, l’application des principes dépendra partout et toujours de circonstances historiques données et c’est pourquoi on n’insiste pas particulièrement sur les mesures révolutionnaires énumérées à la fin du chapitre II. Ce passage serait, à bien des égards, rédigé tout autrement aujourd’hui. 

http://www.marxisme.biz/relire/spip.php?article25


Commentaire n°3 posté par Maryvonne Leray le 11/10/2008 à 12h27
Pourquoi les communistes sont contre l'UE alors ? Pourtant, fondre les vieilles nations européennes dans un ensemble commun, je pense que Marx aurait apprécié !
Commentaire n°4 posté par Tietie007 le 31/12/2008 à 12h43

Pourquoi les communistes sont contre l'UE alors ? Pourtant, fondre les vieilles nations européennes dans un ensemble commun, je pense que Marx aurait apprécié !

Cerains communistes seulement.... ceux qui sont ancrés dans l'idée stalinienne du socialisme dans un seul pays...

Ceci dit les traités actuels ne sont pas des traités pour "fondre" les nations, mais seulement pour faire circuler les capitaux et la main d'oeuvre ...

mais on peut relire marx :


Mais en général, de nos jours, le système protecteur est conservateur, tandis que le système du libre-échange est destructeur. Il dissout les anciennes nationalités et pousse à l’extrême l’antagonisme entre la bourgeoisie et le prolétariat. En un mot, le système de la liberté commerciale hâte la révolution sociale. C’est seulement dans ce sens révolutionnaire, Messieurs, que je vote en faveur du libre-échange.

Karl Marx le libre échange

Commentaire n°5 posté par Maryvonne Le Gland Leray le 31/12/2008 à 13h15
C'est bien ce qui me semblait ...l'opposition de la mouvance communite à l'Union, est un non-sens, d'un point de vue marxiste !
Commentaire n°6 posté par Tietie007 le 31/12/2008 à 13h30
Cette histoire d'impérialisme veut tout et rien dire ... Déjà, il y a plusieurs définitions de l'impérialisme et puis tout Etat, par définition, a des tendances impérialistes !
Commentaire n°7 posté par Tietie007 le 31/12/2008 à 14h23
puis tout Etat, par définition, a des tendances impérialistes !

c'est bien pourquoi l'international est important... et la fin de l'état capitaliste... voire même la fin de l'état en tant que tel...

enfin ce n'est pour demain...
Commentaire n°8 posté par Maryvonne Le Gland Leray le 31/12/2008 à 14h32

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