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dimanche 9 novembre 2008 - 09h:01
Juan Miguel Muñoz - El Païs
La trêve convenue entre Israël et le Hamas en juin dernier n'a jamais été respectée à la lettre. Les postes frontières,
vitaux pour le ravitaillement commercial de la bande de Gaza, fonctionnent au compte-gouttes. Et le gouvernement islamiste n'a pas non plus réussi à freiner à 100% le lancement de roquettes
artisanales.
Malgré tout, en quatre mois et demi, aucun militant n'a été assassiné dans le territoire occupé. Et dans cette période
il y a eu moins de roquettes Kassam tirées qu'en un seul jour avant le cessez-le-feu.
Mardi soir, alors que le monde suivait Barack Obama et John McCain, la trêve a subi sa première grande fissure. L'armée
israélienne a lancé une attaque d'envergure et six combattants du Hamas ont été tués dans le centre du territoire.
La réponse a été immédiate. Le mouvement fondamentaliste a été à l'origine du tir de 37 fusées qui ont atterri en
Israël hier.
Le Hamas affirme qu'il souhaite le maintien de la période de calme, ce répit étant cependant très actif. En effet ses
combattants se sont entraînés en prévision d'une invasion ou d'attaques aériennes sur Gaza. Selon des diplomates occidentaux, il ne reste au gouvernement israélien que d'en fixer la
date.
La construction de tunnels et d'abris (à la façon du Hezbollah) s'accélère. Et bien que leurs roquettes font rarement
mouche, les milices islamistes se préparent à élargir leur champ d'action. Trois des roquettes lancées hier ont frappé Ashkelon, une ville de 120000 habitants à une douzaine de kilomètres de la
frontière.
Les dirigeants fondamentalistes disent qu'ils ne peuvent pas aller plus loin.
Il n'y a pas moyen de mettre totalement fin à cette menace sans occuper de nouveau la bande de Gaza. Les généraux en
place dans le sud d'Israël et responsable du siège de la bande, Yoav Galant et Moshe Tamir, en sont persuadés.
Les deux militaires sont d'accord pour dire que le temps qui passe agit contre eux. Et ils font pression pour envahir
le territoire palestinien et détruire l'infrastructure d'une force combattante qui s'apparente de plus en plus à une armée. Plus on attendra, plus, de l'avis de Galant et Tamir, le nombre de
victimes dans les rangs israéliens sera élevé.
Comme cela est arrivé tant de fois, le jeu du chat et la souris continue. Si le Hamas a annoncé hier sa volonté de
prolonger la trêve, le gouvernement israélien reste sur ses positions. « Nous n'avons pas l'intention de violer le calme. Mais s'il est nécessaire d'interrompre des opérations contre notre armée
ou des civils, nous agirons », précise le ministre de la Défense, Ehud Barak.
C'est là que réside le nœud du problème du poisson qui se mord la queue.
Les miliciens dans la bande de Gaza continuent de se préparer, en sachant que tôt ou tard, ils devront faire face à
leurs ennemis. Israël ne permettra pas au Hamas de renforcer son pouvoir indéfiniment. Les gouvernements israéliens ont toujours lancé des opérations militaires en périodes électorales, comme
celle-ci.
Mais maintenant il y a une différence. Pour la première fois dans l'histoire de l'État, le premier ministre ne se
présente pas à la réélection. Si la bande de Gaza explose, l'opinion publique se durcira. Et dans cette position, il n'y a qu'un seul gagnant : le chef de l'opposition et du Likoud de droite,
Benjamin Netanyahu. Et deux perdants côt israélien : les travaillistes et Kadima, partenaire de l'actuel gouvernement.
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PALESTINE
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