Jeudi 20 novembre 2008 4 20 /11 /Nov /2008 00:05

chine nouvelle

En Amérique Latine, Hu Jintao dans le jardin des Etats-Unis





Après avoir multiplié les partenariats avec les pays d'Afrique, la diplomatie chinoise s'attaque désormais à l'Amérique Latine. Rien de tel pour cela qu'une visite présidentielle.



Le Président Hu s'est d'abord rendu à San José où, avec son homologue costa-ricain Oscar Arias, il a lancé la négociation d'un accord de libre-échange. Au Costa Rica, la condition sine qua none était la même qu'en Afrique. Le 1er juin 2007, San José avait été la première capitale d'Amérique centrale à établir des relations diplomatiques avec la Chine, tirant ainsi un trait sur six décennies de reconnaissance de Taiwan. Les arguments chinois étaient de poids : Pékin a proposé au Costa Rica d'acheter 300 millions de dollars de bons du Trésor et en a offert 73 millions pour la construction d'un grand stade. Pour la Chine, le Costa Rica devrait servir de modèle afin d'élargir ses partenariats politiques en Amérique Centrale. San José pourrait également devenir une plate-forme pour faciliter les investissements chinois dans la région.



M. Hu s'est ensuite rendu, lundi 17 et mardi 18 novembre à Cuba. Il a parlé de la crise financière mondiale avec Fidel Castro, affaibli et toujours en vêtements de sport, et a signé des accords économiques avec Raul, frère et successeur du "Lider Maximo", afin de renforcer la coopération avec un pays "frère" à l'économie exsangue.



Dans le cadre des accords conclus entre les deux présidents, la Chine a accordé à La Havane un crédit de 70 millions de dollars pour la modernisation des hôpitaux de la capitale cubaine, un don de 10 millions de dollars pour des projets socio-économiques, et accepté de restructurer la dette cubaine contractée dans les années 1990. Ces deux régimes communistes, qui ont réchauffé leurs liens après la chute de l'URSS en 1991, ont cependant des modèles divergents : Pékin a depuis longtemps instauré une économie de marché, alors que l'Etat cubain continue de contrôler plus de 90% de son économie. La Chine est après le Venezuela le plus important partenaire commercial de Cuba avec des échanges de 2,7 milliards de dollars en 2007.



Hu Jintao se rendra ensuite au Pérou, où il assistera au Forum de Coopération Economique de l'Asie Pacifique.



Pour les états latino-américains, les bénéfices d'une relation plus étroite avec la Chine ne sont pas seulement économiques. Alors que les Etats-Unis ont longtemps été considérés comme un voisin un peu encombrant, formant et finançant des groupes rebelles et imposant l'embargo à Cuba, la Chine apparaît comme un partenaire arrangeant. Sa diplomatie, fondée sur le principe de "non-intervention dans les affaires intérieures" de pays tiers, lui permet de fermer les yeux sur les pratiques politiques locales.



De son côté, Pékin voit toutes les opportunités qu'il y a à tirer d'un approfondissement de ses relations avec l'Amérique Latine, afin d'obtenir une part du gâteau que se réservaient jusqu'à présent les Etats-Unis. Alors que l'administration de George W. Bush était perçue négativement par les opinions publiques du sous-continent, l'arrivée de Barack Obama est vue en Amérique Latine comme un signe de réel changement et de possible réchauffement des relations avec Washington. La Havane a accueilli favorablement l'élection à la présidence du candidat démocrate, qui s'est déclaré pour une détente avec Cuba, soumise à un embargo américain depuis 1962. La tournée de M. Hu dans la région intervient donc au moment opportun.


CHINE NOUVELLE


Publié dans : AMÉRIQUE LATINE, CARAÏBES
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