Dimanche 30 novembre 2008




Ce sera difficile à admettre pour les personnes qui rêvent encore au soi-disant paradis nord-américain. Mais parfois la vérité n'est pas facile à croire. Aux États-Unis, il existe une quantité croissante de citoyens qui souffrent de la faim.



Dans le langage technique des économistes, le signal qui appuie cette certitude est celui de la diminution de la consommation, qui a été de 1 % en octobre. Il s’agit là de la pire diminution depuis la crise de récession de 2001, qui à cette époque avait été masquée par le bombardement publicitaire qui a suivi l’attentat aux tours jumelles.


Sachant que les États-Unis ont un Produit Interne Brut (PIB) d’environ dix billions de dollars, et que la consommation interne correspond à 75 % de cette somme (c’est à 7,5 billions), on peut voir que ce 1 % représente en réalité 75 milliards de dollars, c'est-à-dire une somme plus que respectable.


Au moment où, à cause de la récession, les indicateurs économiques sont en baisse au lieu d’augmenter, c’est tout à fait logique que cela se produise. Le nombre de chômeurs augmente considérablement. D’autres personnes préfèrent faire des économies en prévision de ce que pourrait leur apporter un futur très incertain.


On peut citer par exemple la donnée fournie par le ministère du Commerce : les commandes de biens d’équipement des ménages ont diminué de 6,2 % . Bien sûr, la répartition n’est pas homogène. Il y a des milliers de nord-américains qui ne se privent de rien, pendant que d’autres manquent de tout.


Un rapport de la Coalition contre la Faim révèle que la quantité d’habitants de New York qui n’ont pas accès à une alimentation suffisante a augmenté de 28 % cette année. Les files de personnes acculées à la nécessité d’avoir recours aux repas gratuits ont augmenté de façon scandaleuse.


Mais le plus grave, c’est qu’alors que le gouvernement de George W. Bush destine 700 milliards à sauver des banques qui travaillent sur d’énormes capitaux – en fait les responsables des folies spéculatives qui ont conduit à la crise – il a réduit les assignations destinées aux institutions de caractère social.


Ceci nous donne un clair indice pour mieux comprendre le sens du mot « sauvetage » appliqué au plan de Bush pour épauler l’économie nord-américaine. Il ne porte pas sur les personnes qui ont les plus faibles ressources. C’est ce que démontre le fait que 68,8 % des centres distributeurs de repas pour les pauvres, (ce qu’ils font une fois par jour), ont informé qu’ils ne disposaient plus des moyens nécessaires pour pouvoir couvrir tous les besoins.


La signification de cet indicateur est bien simple. D’après 87 % des organisations qui ont répondu à cette enquête, cela ce doit à une augmentation prononcée du nombre de personnes qui viennent à ces centres distributeurs d’aliments ouverts aux pauvres et aux indigents.


Comme la récession ne fait que commencer, et que tous les jours on reçoit la nouvelle de nouvelles faillites de banques, de nouvelles fermetures d’usines et de l’augmentation de l’indice de chômage, on est obligé de penser que ce n’est qu’un début.


La directrice de la coalition contre la Faim, Joel Berg, explique que « les mauvaises nouvelles sont qu’il y a de plus en plus d’agences qui arrivent au bout de leurs réserves d’aliments. La situation des gens qui souffraient de la faim était déjà terrible en 2007, mais cette année, elle prend des proportions qui obligent à parler d’une crise »


AGENCE CUBAINE D'INFORMATION



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Par Maryvonne Le Gland Leray - Publié dans : MISÈRE, PAUVRETÉ, CHÔMAGE
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