Lundi 29 décembre 2008
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Ces images ont été filmées peu après l'un des bombardements dans le sud de Gaza, dans la
ville de Rafah. Elles montrent les ravages sur le site d'un commissariat de police dans le quartier Hi Alijnina qui a été frappé vers 11h30, heure locale. Il y a eu aussi des frappes de missiles
dans les quartiers de Tel Al Sultan, Moraj et Mashrua à de Rafah.
Shabbat Shalom ! « Samedi de paix ». Je ne crois pas que les dirigeants
israéliens soient sensibles au sens de ce salut hébreu, qu’on adresse quand se lève le jour de repos juif, chaque semaine. Plus de « Shabbat Shalom » alors que ce samedi 27 décembre
2008, quelques jours seulement avant la nouvelle année, l’aviation israélienne largue ses bombes sur différents endroits de la bande de Gaza.
Un samedi ensoleillé de Gaza qui est devenu très noir, alors que des colonnes de fumée
obscurcissent le ciel de la bande côtière et que l’odeur de sang s’étend partout.
A Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, trois membres d’une famille, le père, un fils
et un neveu, ont tous été tués par les bombes larguées par les Israéliens sur le poste de police de Rafah. Les victimes se trouvaient là pour une question de routine quand les frappes
israéliennes ont eu lieu. Ils ne savaient pas que leur destin allait se jouer là, sur ce « Shabbat Shalom ».
Ce n’est qu’un exemple de cette tuerie, sur ce qu’Israël prétend être des avant-postes
« terroristes » du Hamas. Des dizaines de sites, des immeubles entiers ont été démolis, les fenêtres des maisons se sont brisées et des voitures, en un nombre incalculable, ont été
endommagées. Sous les décombres gisent des dizaines de cadavres. Environ soixante avions F-16 israéliens ont attaqué jusqu’à cent cibles dans Gaza aujourd’hui, principalement les postes de police
et les organismes de bienfaisance dirigés par le Hamas. L’un des missiles israéliens est tombé sur le terrain de sport de l’Université islamique de Gaza qui abrite plus de 18 000 étudiants.
L’hôpital Al-Shifa, le plus important de Gaza, a reçu à lui seul des dizaines de
cadavres et des centaines de blessés. D’après le Dr Moawiya Abu Hassanein, chef du service des urgences et des ambulances du ministère de la Santé du Hamas, les attaques aériennes israéliennes
sur Gaza ont coûté la vie à 228 [270 dimanche midi] personnes et en ont blessé 700 autres, dont 120 grièvement.
Abu Hassanein dit qu’au moins 15 des personnes tuées n’ont pu être identifiées tant
leurs corps ont été mutilés par les bombes israéliennes.
« Le nombre de morts augmente toujours alors que de nombreux
corps restent sous les décombres des immeubles détruits partout » explique Abu Hassanein qui ajoute que beaucoup de victimes sont des civils.
La morgue d’Al-Shifa ne peut recevoir tous ces corps ; une foule d’habitants s’est
rassemblée à ses portes, essayant de savoir si des proches font partie de ceux que le personnel médical n’a pu encore identifier.
Un jeune homme examine tous les cadavres, cherchant son frère parmi
eux.
« J’ai appris par des amis que mon frère avait été tué
aujourd’hui. Mon frère était détenu au centre de sécurité de Saraya, dans Gaza ville. Un de mes amis m’a dit que mon frère avait été tué au cours du bombardement d’un poste de police du centre
de la bande de Gaza, où il avait été transféré peu avant les frappes israéliennes. » explique Abu Fadi, 33 ans, qui habite le centre de la bande de Gaza.
Ce poste de police, sur la route de Salah al-Din, a été complètement rasé par les
attaques aériennes israéliennes ce samedi.
D’autres, autour de la morgue, pleurent la mort d’êtres aimés au milieu d’une
irrespirable odeur de sang. Submergés de blessés, le ministère de la Santé de Gaza manque des médicaments essentiels et de fournitures médicales, conséquences directes du blocus qu’Israël a
renforcé il y a deux mois, indique Abu Hassanein.
Rami Almeghari
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