Mercredi 14 janvier 2009
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Une voix du camp de réfugiés de Jabaliya
Mohammed Fares Al
Majdawali vit dans le camp de réfugiés de Jabaliya. Il aspire à devenir un cinéaste professionnel. C’est un universitaire, membre de la Bibliothèque des Enfants al-Assria et bénévole de L’Alliance des Enfants du Moyen Orient, une association qui envoie de l’aide médicale aux gazaouis assiégés et qui tient à communiquer son vécu au monde
extérieur.
Suite au témoignage qui suit
(l’original se trouve sur http://electronicintifada.net/v2/article10169.shtml), l’Alliance des Enfants du Moyen Orient a reçu un
message de Mohammed que disait que toutes les maisons dans son quartier avaient été détruites. Lui et sa famille se sont réfugiés dans l’école de l’ONU de Jabaliya où une attaque israélienne a
tué 43 personnes le 6 janvier. Il est sans nouvelles de son frère et craint pour sa vie.
« Gaza se noie dans une rivière de
sang..."
Je veux écrire la souffrance de mon peuple et de ma famille dans ces jours de siège
contre le gens de Gaza. Au moins 888 personnes ont été tuées et plus que 3’700 blessées. À plusieurs reprises le Comité Internationale de la Croix Rouge a accusé les militaires israéliens de lui
refuser d’envoyer des ambulances dans quartier Al-Zeitoun en ville de Gaza. En conséquence les blessés meurent, ce qui est une violation préméditée et flagrante des droits
humains.
Ma famille est privée des denrées de
base. Pas de nourriture. Pas de pain. Pas de gaz. Pas d’avenir. Hier, mon père est allé à la boulangerie à 5 h du matin. Il a attendu 5 heures pour une miche de pain, ce qui ne nous suffit pas,
puisque nous sommes 11 dans la famille. C’est moi qui est allé aujourd’hui. J’ai passé voir toutes les boulangeries. Elles sont toutes fermées.
Nous n’avons aucun endroit sûr où aller. Nous ne pouvons pas communiquer avec notre parenté ni nos amis – il n’y a pas de
réseau pendant que des missiles pleuvent sur nos maisons, nos mosquées et même nos hôpitaux.
Notre vie se résume aux enterrements de ceux que nous appelons nos martyrs – tous ceux qui sont morts. La nuit, notre camp
de Jabiliya est une ville fantôme : le seul bruit est celui des F-16 et des hélicoptères Apache israéliens.
Chaque moment est une horreur, surtout pour les enfants. Cinq sœurs d’une seule famille étaient tuées
chez elles par les forces de l’occupation israéliennes [voir
ism-suisse].
Mais il y a encore 800’000 enfants à Gaza. Ils vivent tous dans la peur, en attendant que quelqu’un ou quelque chose puisse
les aider. Ils sont prisonniers dans une prison qui se transforme en camp de concentration. Chaque jour nous nous réveillons avec plus de crimes israéliens : le meurtre de femmes et
d’enfants et la destruction des foyers des civils. Je n’ai pas de mots pour exprimer mes sentiments sur la vie que nous vivons ici à Gaza.
J’ai deux messages pour le monde, pour ceux qui disent aimer la paix et aspirer à la liberté.
Imaginez votre vie sans électricité, les maisons détruites, le bruit des frappes des missiles et leurs résultats, jour et
nuit, et une faim aussi grande que notre faim pour la nourriture: la faim pour la fin de cette occupation et ce siège.
Imaginez que ce n’est pas vous seulement, mais vos enfants et votre famille dont les yeux crient silencieusement :
« Nous avons peur des missiles. » « Nous ne pouvons pas dormir. » « Peut-être que nous n’allons jamais dormir de nouveau. » Imaginez que vous êtes le barrage et que
la rivière de sang est subitement en crue. Pour combien de temps pourriez-vous tenir bon ?
Nous ne serions pas obligés de subir et de résister encore si le monde prenait parti pour nous, si le
monde demandait une fin de ce siège, des tueries et de la destruction des maisons pour sauver nos enfants, si le monde nous aidaient par des rassemblements et des sit-in.
Pour conclure, je vous invite à venir en visite à Gaza et de voir l’Holocauste.
Parce qu’en dépit du siège, des tueries de mon peuple, de la destruction de leurs maisons et de
l’anéantissement de nos vies par l’occupation israélienne, ils ne peuvent jamais tuer l’aspirations de notre peuple à l’égalité et à la justice.
AU JOUR LE JOUR GAZA

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