Lundi 26 janvier 2009
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PARTI COMMUNISTE FRANÇAIS
Le Pape Benoît XVI s’apprêterait à lever l’excommunication prononcée en 1988 envers cinq évêques dont l’évêque Marcel Lefebvre, qui avaient été sanctionnés par le
Vatican pour avoir tenu des propos négationnistes sur les chambres à gaz.
Au delà des différences et du respect de la foi de chacun, ce serait un signe
extrêmement préoccupant envoyé au monde par le Vatican et en particulier aux croyants français.
Les propos tenus, jusque récemment par Richard Williamson, sur les chambres à gaz relèvent du négationnisme et sont
totalement inacceptables, quelqu’en soit l’auteur.
Parti communiste français
Paris, le 23 janvier 2009
POUR L'HUMANITE
BENOÎT XVI PRÊT À VENDRE SON ÂME AUX FONDAMENTALISTES ?
Vatican . La possible réhabilitation d’évêques intégristes soulève un tollé. Et
témoigne du retour en force des fondamentalistes dans le giron de l’Église.
Hier encore, le Vatican observait le silence. La veille pourtant, le quotidien
italien Il Giornale avait rapporté que le pape Benoît XVI s’apprêterait à lever l’excommunication de quatre évêques intégristes de la fraternité sacerdotale Saint-Pie fondée par le
fondamentaliste Marcel Lefebvre. Parmi ces individus, le Français Mgr Bernard Fellay, chef de file de cette mouvance ultraréactionnaire, et le Britannique Richard Williamson, un négationniste
notoire qui proférait mercredi, encore, sur les ondes suédoises : « Je crois que les preuves historiques condamnent sans ambiguïté la thèse selon laquelle 6 millions de personnes ont été tuées
dans des chambres à gaz sur décision politique d’Adolf Hitler, qu’il n’y a pas eu de chambres à gaz. »
Des « propos » inadmissibles, déjà tenus par le passé, que le souverain pontife
ne pouvait ignorer. La possible absolution de ces excommuniés illustre, une nouvelle fois, la politique de la main tendue de Benoît XVI aux mouvances intégristes, au point de leur concéder le
retour de la messe en latin contre l’avis même de l’épiscopat français.
Depuis son élection, l’ex-cardinal Ratzinger a fondé la stratégie de reconquête
de l’Église catholique sur un retour aux fondamentaux identitaires, dont les fameuses « racines chrétiennes de l’Europe » au risque d’anéantir le modernisme ou le dialogue interreligieux,
entre autres, actés par le concile Vatican II. C’est le refus des décisions de ce concile qui avait conduit à un schisme et à l’excommunication des « lefebvristes » en 1988. Leur « retour en
grâce » témoigne de la reprise en main de l’Église catholique par l’aile conservatrice et droitière.
À l’aune de cette rupture, Benoît XVI part-il en croisade ? On se souvient
de sa citation contre l’islam de Manuel II Paléologue, empereur byzantin du XIVe siècle : « Montre-moi ce que Mahomet a apporté de nouveau, et tu ne trouveras que des choses méchantes et
inhumaines. » Croisade également contre la laïcité, « l’athéisme moderne », et les Lumières à cause desquelles « Dieu devient superflu ». Enfin, Benoit XVI réhabilite les prêtres franquistes à
l’heure où l’Espagne entreprend un travail de mémoire sur les victimes de la dictature. Et il est à l’origine d’une exposition à Berlin visant à réhabiliter le pape Pie XII, accusé de
complicité passive face aux crimes nazis. En somme, la réaction contre le progrès avec pour boussole le dogme. « La foi n’est pas politique et la politique n’est pas une religion », déclarait
Benoît XVI lors de sa visite en France en septembre dernier. Est-ce cela un « pieux mensonge » ?
Cathy Ceïbé
L'HUMANITE
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