Mardi 14 avril 2009
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POUR LES CAPITALISTES IL N'Y A PAS DE PETITS PROFITS POURVU QUE CE SOIT LES PAUVRES QUI PAIENT
Un texte entré en vigueur, samedi, abroge la réglementation sur les quantités standards pour une centaine de produits de consommation courante.
Jusqu’à présent, les consommateurs français achetaient leur paquet de riz ou leur pot de peinture sans trop accorder d’attention aux quantités. Un réflexe logique,
car une série de règlements pris au cours de ces trente dernières années interdisait toute quantité fantaisiste. Le paquet de riz contenait 500 g, le pot de peinture 1 l, et tout le monde y
trouvait son compte. Or, un arrêté du 8 octobre dernier, entré en vigueur samedi, vient bousculer ces habitudes.
L’arrêté, imposé par une directive européenne datant de septembre 2007, spécifie que « les États membres ne peuvent, pour des motifs liés aux quantités nominales des
emballages, refuser, interdire ou restreindre la mise sur le marché de produits préemballés ». En clair, il sera désormais impossible d’interdire à un industriel de vendre son produit dans un
format qui sortirait des standards habituels .
Sont concernés actuellement une centaine de produits : dentifrice, fromage, farine, jus de fruits, huiles, riz, etc. Les formats des emballages de lait, beurre,
pâtes sèches et café restent réglementés jusqu’au 11 octobre 2012, ceux de sucre blanc jusqu’au 11 octobre
Une drôle de décision, justifiée dans la directive européenne par un souci de plaire au consommateur : « Une analyse d’impact […] a montré que, dans nombre de
secteurs, les quantités nominales libres augmentent la marge de manœuvre des producteurs lorsqu’il s’agit de proposer des marchandises répondant aux goûts des consommateurs, et stimulent la
concurrence en ce qui concerne la qualité et les prix. »
Prix au kilo pour comparer
Désormais, il faudra non pas se baser sur le simple prix affiché pour comparer deux produits similaires, mais sur le prix au kilo ou au litre. Problème, ce prix
est actuellement signalé en minuscules caractères sur les étiquettes, illisibles par certains. Un détail qui n’a pas échappé aux législateurs, qui précisent avec bienveillance dans la
directive que, « afin d’améliorer la protection des consommateurs vulnérables, tels que les personnes handicapées ou âgées, il convient de veiller particulièrement à ce que les indications de
poids et de mesures sur l’étiquetage soient plus faciles à lire et plus visibles sur les préemballages ». Espérons que la grande distribution n’y rechignera pas.
“C’est évidemment très intéressant pour les professionnels, juge Reine-Claude Mader, présidente de l’association de consommateurs Consommation, Logement et Cadre
de Vie (CLCV). Ils pourront continuer à vendre au même prix quelque chose qui, en fait, sera d’une quantité moins importante.”
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