Vendredi 17 avril 2009
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Le combat de Carhaix :
Le mode opératoire de l’Etat est sans surprise. Pour justifier la fermeture de services hospitaliers de proximité tout est bon ! Une fois c’est le déficit
budgétaire, une autre fois c’est la sécurité des patients : Carhaix n’a pas échappé à la règle.
En décembre 2007, la situation budgétaire est catastrophique : 1 million d’euros ! Les syndicats de l’hôpital interpellent les élus du Pays Centre Ouest Bretagne (Pays COB). Un Comité de
Défense est monté à l’initiative de la CGT de l’hôpital, des groupes de travail sont organisés, en particulier un, portant sur une proposition de projet médical. Il est fait appel à un cabinet
d’audit, le cabinet ALTAO.
Très vite la mobilisation des habitants et des personnels s ‘organise : une première manifestation regroupe près de 10 000 personnes dans les rues de Carhaix.
En parallèle, la Direction de l’hôpital demande une expertise, diligentée par la Direction des Hôpitaux de Paris. Le rapport est accablant : manque de médecins, absence de sécurité des
soins, rapport dont va se servir un journal national pour faire sa Une : " Etaient-ils au courant, ces milliers de manifestants qu’il y avait un taux de mortalité de 50% à l’hôpital de Carhaix
?"... Chiffres bien évidemment sortis de leur contexte, car il s’agit d’interventions bien particulières, pratiquées sur des sujets âgés dont l’état de santé était fragilisé.
Les carhaisiens se rendent à Rennes chez Monsieur Perrin, directeur de l’ARH. Après des heures de discussion,
ils seront évacués avec violence par les forces de l’Ordre sans sommation.
Le 26 mai 2208, Perrin annonce par fax et sur le répondeur du Maire de Carhaix, la fermeture des services de chirurgie et de maternité pour le 6 juin.
La mobilisation des défenseurs est sans faille, les manifestations se succèdent à Quimper, Paris, Rennes tout le mois de mai et juin. Les élus sont sur le devant de la scène, en particulier
Christian Troadec, Maire de Carhaix.
Tous les jours, on assiste au déploiement toujours plus important de forces de l’ordre qui n’hésitent pas à gazer et frapper femmes, enfants et élus.
Un collectif des femmes enceintes est créé, ces femmes revendiquent le droit d’accoucher à Carhaix.
Les services sont fermés le 6 juin à 18h, mais pas question perdre de l’argent !! Les patients avant d’être transférés, doivent rapporter à l’hôpital!!! On les garde donc suffisamment
longtemps au nom de la rentabilité…
C’est la détermination de tous, parfois spectaculaire (catapulte et canon défilent dans les rues quimpéroises) qui va faire plier l’Etat.
Le 25 juin 2008, le Tribunal de Administratif de Rennes ordonne la réouverture des services.
Pendant ce temps, le projet médical avance à grand pas avec le concours du cabinet ALTAO qui depuis un moment avance l’idée d’une fusion avec le CHU de Brest. Mais le loup est dans la
bergerie !!! Dans une contribution retrouvée sur le Net, ce fameux cabinet présente une diapositive intitulée « Ce que les hypermarchés apprennent aux hôpitaux ». Voilà sa considération de la
personne humaine : nous ne valons, pour eux, pas plus qu’une vulgaire salade !!
Tout l’été, les médecins Carhaisiens et Brestois travaillent ensemble par petits groupes. Fin août les 2 présidents de CME ( Commission Médicale d’Etablissement) font connaître leurs
conclusions par voie de presse !! Ces conclusions ne reflètent en rien la nature des travaux réalisés et comme par hasard aboutissent à la nécessité d’une fusion avec le CHU de Brest…
A ce jour, la fusion est annoncée officiellement pour le 1er juillet prochain.
Mais l’Etat de Sarkosy ne digère toujours pas le camouflet du 25 juin et comme à son habitude, tente de criminaliser la lutte. Ainsi, 6 personnes interpellées lors des manifestations de
juin sont convoquées devant le Tribunal de Quimper en février dernier. En mars, la relaxe est prononcée. Mais deux jours avant la décision du Tribunal, 23 personnes sont convoquées à la
gendarmerie et à la police judiciaire, sur plainte, entre autres de notre Député UMP, Christian Ménard !! Il s’agit d’un véritable acharnement judiciaire à l’encontre de personnes qui ne
faisaient que défendre un des droits fondamentaux de tout être humain : naître et se soigner au Pays.
La vigilance est plus que jamais d’actualité face à cette politique libérale qui entrainera, si on la laisse faire, la désertification de toutes les zones rurales du territoire."
EXTRAITS D'une Intervention faite lors d'un meeting du NPA à Lorient (56) le 30 mars.
LA TÊTE AU CARHAIX
LIRE LE COMBAT DE CARHAIX ET SA REPRESSION SUR LE SITE LA TÊTE AU CARHAIX
HOPITAL DE CARHAIX
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