Jeudi 7 mai 2009 4 07 /05 /Mai /2009 00:30

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Israël prône la non-violence... pour les Palestiniens

 par Ramzy BAROUD

écrivain et rédacteur en chef de PalestineChronicle.com. Ses œuvres ont été publiées par de nombreux périodiques du monde entier. Son dernier livre s’intitule : ""The Second Palestinian Intifada : A Chronicle of a People’s Struggle" (la seconde Intifada : chronique de la lutte d’un peuple) et son prochain livre à venir est : "Mon père était un combattant de la liberté" : Gaza, ce qu’on n’a pas dit".

 

Quand on parle de non-violence ou qu’on la préconise, défend-on ce concept parce qu’on croit que cela a été un moyen plus efficace par le passé d’obtenir la liberté, ou est-ce simplement parce qu’on pense que c’est un moyen de lutte plus digne ?


Dans l’histoire récente, de nombreux partisans de la non-violence sont devenus des figures emblématiques des temps modernes. De Gandhi à M.L King : des chansons ont été écrites en leur honneur, on trouve le récit de leurs vies partout dans les livres d’histoires de nos enfants où il sont présentés comme des exemples à suivre.(1)

Il y a des jours fériés en leur honneur dans le monde entier, des rues et des boulevards qui portent leur nom. Comment se fait–il que l’"establishment" se donne autant de mal pour placer ces gens-là sur un piédestal ?


Où sont les jours fériés qui célèbrent la vie et les sacrifices consentis par Malcolm X, où sont les récits de la vie de Crazy Horse ou de Geronimo ? Serait-il possible que ces personnages restent dans l’ombre des pacifistes parce que leurs idéaux ont un tout petit peu trop secoué l’ordre établi ? Quand l’“establishment” célèbre les personnes pour leur action non-violente, serait-il possible que ce soit une forme de reconnaissance pour avoir créé juste ce qu’il faut de désordre, mais pas trop de désordre quand même ?


Pendant des dizaines d’années, la lutte des Palestiniens pour la liberté s’est traduite en grande partie par des actions non-violentes. Outre des poches de résistance armée occasionnelles, les Palestiniens des territoires occupés ont utilisé les moyens de lutte tels que la grève générale, les manifestations, ou d’autres actions similaires pour exprimer leurs exigences et leurs désirs d’être enfin libres. Et pourtant, c’était l’époque où les Palestiniens voyaient la grande majorité de leur territoire englouti dans ce qui est aujourd’hui l’Etat d’Israël. La terre leur était confisquée sans indemnisations pour les propriétaires, les prisons étaient pleines à craquer de détenus qui ne sont jamais passés en jugement, les maisons étaient démolies par centaines, des champs entiers d’oliviers et d’arbres fruitiers étaient saccagés et brûlés. Et tout cela avait eu lieu dans une société "sans-Intifada".


Donc, on peut affirmer sans se tromper que les Palestiniens ont fait plus que s’essayer à la résistance civile non-violente.


Il semble qu’actuellement chez de nombreux membres de l’"establishment", la tendance soit de chanter les louanges de ces réfugiés brisés et opprimés qui, malgré plus de 60 ans d’assujettissement, en appellent à la résistance non-violente ou passive. Si l’intention est louable, on peut se poser la question du moment qui a été choisi.


Récemment, le Programme des Nations Unies pour le Développement (le PNUD) publiait un rapport sous le titre : "ONU : 70% des jeunes Palestiniens s’opposent à la violence pour résoudre le conflit avec Israël".


Ce rapport communiquait les résultats d’un sondage effectué dans les territoires occupés auprès de 1200 jeunes gens de Gaza et de Cisjordanie.


L’enquête révèle que près de 70% des jeunes adultes des territoires occupés pensent que l’utilisation de la violence n’est "pas utile" pour résoudre le conflit israélo-palestinien. Le rapport indique que seuls 8% d’entre eux ont répondu que la violence était un moyen nécessaire, et il indique également que 80% des jeunes Palestiniens souffrent de dépression, parmi lesquels 55% de dépression grave.


Ces derniers mois, les Palestiniens ont subi des épreuves terribles, dont certaines aussi atroces que celles qu’ils ont vécues lors des premières années de domination israélienne. Le bain de sang récent à Gaza a coûté la vie à plus de 1400 personnes, en a blessé des milliers d’autres et privé des millions de personnes de tout sentiment de sécurité et d’espoir d’un monde meilleur. Les associations de défense des droits de l’homme du monde entier ont qualifié le génocide à Gaza de crimes de guerre, Certains chefs d’état se sont engagés à déposer une plainte auprès de la Cour Pénale Internationale et à faire juger les dirigeants israéliens pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité. La liquidation de Gaza était au centre des programmes électoraux en Israël. Des bombes à sous-munitions, des bombes au phosphore blanc et dieu sait quel autre type d’armes illégales ont été larguées sur une population civile affamée et assiégée où les équipes médicales se demandaient quelle arme chimique exactement pouvait bien ne laisser que des restes de squelette humain après son passage.



Et c'est en plein au cours de la période de chagrin et de colère qui s’en est suivie, que la Belgique n’a rien trouvé de mieux que de proposer pour le Prix Nobel un médecin gazaoui accablé de douleur, père de trois filles adorables, en reconnaissance des efforts qu’il a accomplis en faveur de la paix entre Palestiniens et Israéliens. Ce médecin de 55 ans, Ezzeldeen Abu al-Aish, a perdu ses trois filles de façon horrible après qu’une bombe a été larguée par l’armée israélienne sur sa maison où tous ceux qui s’y trouvaient sont morts écrasés. C’est au moment même où le docteur Abu al-Aish parlait à la télévision israélienne des souffrances de la population de Gaza qu’il a appris que la bombe était tombée sur sa maison avec toute sa famille à l’intérieur. Il avait réussi à faire taire son immense chagrin juste le temps de dire qu’il espérait que ses trois filles seraient les dernières victimes de l’attaque israélienne.



Si on ne peut nier que cet homme mérite les honneurs suprêmes pour son engagement envers la population de Gaza, et pour les épreuves personnelles qu’il a subies, cette distinction était si incongrue, qui arrivait juste à ce moment-là, après un siège des plus effroyables, après la mort sordide de ses filles, mais plus encore, après que le père a réagi à cette situation en lançant un message poignant de "réconciliation".



Et dans tout ce gâchis, où est l’appel qui demande à Israël d’opter pour la non-violence ? Les médias et la communauté internationale réclameraient-ils qu’Israël opte pour l’action non-violente, s’ils avaient connu les horreurs qui ont été commises à Gaza ?



Et une fois de plus, se pose la question des intentions de l’"establishment".

 

On est en droit de se demander : et si Abu al-Aish avait réagi de la même façon que tous ces parents en plein deuil qui ont juré de "ne jamais partir", de "reconstruire" et de "résister jusqu’à la victoire finale ou la mort", aurait-il toujours droit à la reconnaissance pour ses efforts en faveur de la paix entre Palestiniens et Israéliens ?



Et pourquoi au juste le PNUD trouve-t-il approprié d’attirer l’attention, à une telle période, sur un sondage qui indique que les jeunes en Palestine trouvent que la violence est "inutile" ? Et pourquoi le monde célèbre-t-il un homme qui appelle à la réconciliation, terme qui implique, en quelque sorte, un conflit entre des gens placés sur le même pied d’égalité, alors que ses filles reposent dans des tombeaux qu’on vient à peine de refermer ?



Certains diront peut-être que la résistance non-violente en de telles circonstances, c’est l’incarnation d’une lutte noble.


D’autres diraient que c’est une capitulation.

Ramzy Baroud

http://www.ramzybaroud.net/

source : LE GRAND SOIR


notes par  m.leray.

1- L' Inde aurait-elle obtenue son indépendance sans la lutte de Netaji Subhas Chandra Bose et le mouvement nationaliste qu'il a impulsé... Le nom de

Netaji Subhas Chandra Bose a été donné au grand aéroport de Calcutta, ainsi qu'à de nombreux monuments centres de recherche, rue etc ....

En occident  Netaji Subhas Chandra Bose est le héros que l'on veut oublier ... L'anglais est le colonisateurs et l'oppresseur, l'allemagne son ennemi , comme beaucoup d'autres pays colonisés il tentera une sorte d'alliance avec le gouvernement d'Hitler ...

"Netaji et sa légende produisirent un mouvement dans tout le pays, que même un Gandhi ne put jamais provoquer."

Vous trouverez peu de documentation sur internet

voici deux liens :

SUBHAS CHANDRA BOSE UN HÉRO INDIEN OUBLIÉ ET MALMENÉ PAR ARTE sur Indymedia Nantes  

 

et un long article 

 

Subhas Chandra Bose, l'armée nationale indienne et la guerre de libération de l'Inde

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Publié dans : PALESTINE, GAZA, ISRAËL
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