Directeur du Fonds Monétaire International, Dominique Strauss-Kahn, membre du parti socialiste, présidentiable, mène une politique de démantèlement des systèmes de santé dans les pays pauvres qui aggrave la situation des personnes vivant avec une pathologie grave, et les met en danger de mort. Comment le PS, Martine Aubry et Ségolène Royal, peuvent-elles accepter qu’un membre de leur parti sacrifie à la défense des banques et des pays riches la santé et la vie des plus vulnérables ?
Les dégâts causés par le FMI sur la santé publique
Parce qu’elle a reçu le « soutien » du Fonds Monétaire International (FMI), la Lettonie se voit contrainte de baisser ses budgets en matière de santé et d’éducation de 40 %. Conséquences : une
personne vivant avec le VIH dans ce pays va devoir payer trois fois plus pour sa prise en charge. Avec 1% de personnes séropositives et une dynamique de l’épidémie liée principalement à
l’injection de drogues, qui concerne une population très précaire, l’aide du FMI signifie, ni plus ni moins, la fin de la prise en charge pour une bonne partie des séropositifVEs en
Lettonie.
Ce n’est qu’un des exemples des dégâts causés par le FMI. En matière de démantèlement des systèmes de santé, les responsabilités de l’institution que dirige Dominique Strauss-Kahn ont été
largement documentées. Ce sont les conditions imposées par le FMI aux pays d’Afrique qui les empêchent par exemple de tenir l’engagement d’Abuja de consacrer 15 % des budgets publics à la santé –
ce qui aggrave encore et toujours la pénurie en professionnelLEs de santé, entre autres.
Dominique Strauss-Kahn, responsable et coupable
On aurait pu croire que la nomination d’un socialiste français à la tête du FMI changerait les choses. Il n’en est rien. Au contraire, interpellé à deux fois, d’abord par une vingtaine
d’associations de lutte contre le sida, de France, d’Afrique ou d’Asie , puis par un collectif de 163 ONG de lutte contre le sida, Dominique Strauss-Kahn se satisfait de la situation et nie sa
responsabilité en matière de démantèlement des services publics de santé. Sa réponse aux ONG est une insulte à leur travail et à leur connaissance du terrain, autant qu’un modèle
d’auto-satisfaction et de déni de ses choix politiques.
Le PS perd toute crédibilité en cautionnant Dominique Strauss-Kahn
Comment le PS espère-t-il jouer un rôle efficace dans le maintien d’un système de santé public de qualité s’il accepte qu’un de ses membres, qui a été présidentiable, démantèle les services de
prévention, de dépistage et de soins des pays les plus pauvres et aggrave, au nom de logiques purement budgétaires, la situation des malades, notamment en Afrique ? Pourquoi Ségolène Royal, qui
ne cesse de s’excuser au nom de la France, est incapable de s’excuser au nom du PS des dégâts qu’un de ses membres cause aux malades des pays les plus pauvres ? Comment Martine Aubry entend-elle
mener une opposition efficace aux réformes conduites par Nicolas Sarkozy si le parti qu’elle représente n’est qu’une pépinière à responsables, toujours avides de sauver les banques au détriment
des plus vulnérables ? Les candidat(e)s socialistes aux européennes n’ont–ils/elles pas conscience que leurs chances d’être élu(e)s ou réélu(e)s diminuent d’autant que leur parti sera associé aux
pratiques telles que celles défendues par Dominique Strauss-Kahn à la tête du FMI ?
Act Up-Paris exige que le PS exclue Dominique Strauss-Kahn. Nous ne comprenons pas l’absence de réaction publique des dignitaires socialistes à l’égard de la politique meurtrière menée par un des
leurs au FMI.
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