Mercredi 20 mai 2009
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Incapables de surmonter leurs divisions, les États membres de la Ligue arabe attendent de Washington une solution qui se fait désirer.
Les sommets de la Ligue arabe ont un point commun : d’une part, ils ne sont
jamais parvenus à concrétiser des décisions prises à l’unanimité et, d’autre part, ils n’ont jamais réussi à faire montre d’unité à des moments cruciaux de l’histoire. Deux exemples. En 2002, la
proposition saoudienne d’une normalisation des relations avec Israël en contrepartie de son retrait des territoires occupés et de la création d’un État palestinien est adoptée unanimement au
sommet de Beyrouth. Mais, concrètement, les pays arabes n’ont pas réussi à faire avancer cette solution. En 2006, la guerre du Liban et en 2008-2009, la guerre de Gaza les ont divisés. Concernant
la guerre d’agression israélienne contre le Liban, l’Arabie saoudite et l’Égypte ont freiné des quatre fers toute proposition de réunion d’urgence de la Ligue arabe, et cela en dépit de
l’insistance du gouvernement libanais de Fouad Siniora, pourtant allié de Riyad et du Caire. L’Égypte prétextait que le Hezbollah avait mis en péril la stabilité de la région en capturant des
soldats israéliens, permettant à Israël d’agresser le Liban. Le sommet a bien eu lieu… mais à la fin de la guerre !
Scénario presque identique en ce qui concerne Gaza. Le Hamas est alors accusé par l’Égypte (et, de manière moins frontale, par l’Arabie saoudite) d’avoir rompu la trêve avec Israël. Sur Gaza, la
Ligue arabe a traversé une phase critique de son existence quand le Qatar a convoqué un sommet (qui s’est tenu le 16 janvier), boycotté par l’Égypte, l’Arabie saoudite et leurs alliés dans le
monde arabe, mais aussi par l’Autorité palestinienne. Finalement, ce n’est que le 20 janvier, deux jours après l’arrêt des bombardements israéliens sur Gaza, que s’est tenu, à Koweït City, le
sommet de la Ligue arabe, initialement consacré à la crise financière internationale (les pays arabes riches ayant perdu plus de 3 000 milliards de dollars). La réunion s’est conclue par une
résolution se bornant à condamner l’agression israélienne et incluant de vagues promesses d’argent pour financer la reconstruction de Gaza !
Quant au dernier sommet arabe, qui s’est tenu fin mars 2009 au Qatar, il s’est terminé comme les précédents : par un désaccord sur toute la ligne concernant la crise israélo-palestinienne. La «
réconciliation arabe », l’un des thèmes du sommet, n’a pas eu lieu. Autant dire, en dépit de l’arrivée au pouvoir en Israël d’un gouvernement dominé par l’extrême droite qui affirme son refus
d’une solution à deux États, que l’inaction, l’immobilisme et l’absence de stratégie sont les traits qui caractérisent le mieux les régimes arabes. L’époque - c’était en octobre 1993 - où ces
mêmes pays avaient utilisé l’arme du pétrole pour se faire entendre est révolue.
Aujourd’hui, face à l’administration Obama, comme hier, face à l’administration Bush, les pays arabes, du moins l’Égypte et l’Arabie saoudite et leurs alliés, ne prendront aucune initiative en
mesure de peser sur la situation sans le feu vert du maître américain. Ils parient sur un hypothétique rééquilibrage de la relation américaine avec Israël. Et pour ce faire, ils sont prêts à
mettre entre parenthèses leur offre de paix adoptée à Beyrouth en 2002 au profit de ce nouveau plan de paix prévoyant une solution à 57 États (les 22 pays arabes plus les 33 États du monde
islamique non arabes) révélé par le roi Abdallah de Jordanie.
Hassane Zerrouky
HUMANITE.FR
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