Dimanche 28 juin 2009
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Manuel Zelaya
25 juin
Des centaines de militaires se sont déployés jeudi dans la capitale du Honduras, après la destitution du chef d'état-major général par le président Manuel Zelaya
face à l'opposition de l'armée à son projet de briguer un deuxième mandat présidentiel, selon les médias locaux.
Les troupes se sont déployées aux alentours du palais présidentiel et de l'aéroport, selon les médias, qui évoquent des rumeurs de tentative de coup d'État.
M. Zelaya a destitué mercredi soir le chef d'état-major général des forces armées, le général Romeo Vasquez, et accepté la démission du ministre de la Défense, Edmundo Orellana. Les chefs
d'état-major de l'Armée de terre, de la Marine et des forces aériennes ont également démissionné.
Les chefs militaires avaient refusé de distribuer les urnes, dimanche, pour une consultation publique proposée par M. Zelaya sur la perspective d'une réforme constitutionnelle qui lui permettrait
de briguer un deuxième mandat présidentiel le 29 novembre prochain.
Le président de la République est élu pour quatre ans, et son mandat n'est pas renouvelable.
Ce projet de M. Zelaya a été déclaré illégal par la Cour suprême de justice du Honduras, et a soulevé un vaste mouvement de refus, dans l'opposition mais aussi parmi des dirigeants du Parti
libéral présidentiel. Le président du Congrès, Roberto Micheletti, membre du parti au pouvoir, a dénoncé les «aspirations d'un homme tourmenté qui veut garder le pouvoir».
Le Congrès a décidé une réunion d'urgence jeudi. Un projet de destitution du président ne serait pas à écarter, selon des analystes.
Si la consultation publique a lieu et au cas où elle approuverait le projet de M. Zelaya, soutenu par des organisations populaires et indigènes, les élections générales du 29 novembre
(présidentielle, législatives et municipales) s'accompagneraient d'un scrutin sur le principe d'une réforme constitutionnelle autorisant la réélection du président.
M. Zelaya, élu en tant que président conservateur en janvier 2006, a opéré un virage à gauche au cours de son mandat et renforcé les relations du Honduras avec Cuba et le Venezuela, les pays
«gauchistes» d'Amérique latine.
Le Honduras a adhéré ainsi à l'Alternative bolivarienne des Amériques (Alba), l'initiative d'intégration régionale lancée par le Venezuela et Cuba en 2004 à laquelle ont adhéré successivement, la
Bolivie, le Nicaragua et de La Dominique.
27 juin
La consultation populaire a lieu dimanche entre 07H00 (9H00 HAE) et 16H00 (18H00 HAE).
Ce vote est organisé dans un climat de crise politique, M. Zelaya ayant lui-même forcé jeudi l'entrée d'une base militaire pour récupérer les urnes qui y étaient entreposées.
La veille, M. Zelaya avait limogé le chef d'état-major général, le général Romeo Vasquez, devant le refus des militaires de distribuer le matériel de vote pour cette consultation déclarée
illégale par la Cour suprême de justice du Honduras.
Jeudi matin, des troupes avaient été déployées dans la capitale, faisant craindre un soulèvement militaire, même si l'armée a assuré vouloir seulement garantir l'ordre public.
«Le danger est passé, mais la menace est toujours latente», a estimé vendredi soir M. Zelaya, qui a été élu comme président conservateur en janvier 2006, mais a opéré depuis un virage à gauche et
renforcé les relations du Honduras avec Cuba et le Venezuela, les pays «gauchistes» d'Amérique latine.
Son projet de référendum est dénoncé par l'opposition mais aussi par des dirigeants du Parti libéral, la propre formation de M. Zelaya, qui est soutenu par des organisations populaires et
indigènes.
Le Congrès national a approuvé jeudi la création d'une commission d'enquête chargée d'examiner la possibilité de son éventuelle destitution.
L'Organisation des États américains (OEA) a appelé au respect de l'État de droit. Son secrétaire général José Miguel Insulza a évoqué «un risque de coup d'État militaire» et proposé l'envoi d'une
mission de médiation.
M. Zelaya a dans le même temps reçu le soutien de l'Alliance bolivarienne pour les Amériques (Alba), bloc antilibéral créé en 2004 par Cuba et le Venezuela, et de différents groupes de gauche
latino-américains.
CYBERPRESS
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