L'élection du nouveau président doit avoir lieu en Novembre, sans référendum Manuel Zelaya ne pourra pas se représenter ...
RAPPEL
AOÛT 2008 : LE HONDURAS DEVIENT LE SIXIÈME PAYS DE L’ALBA (lire)>>>
Le président du Honduras, Manuel Zelaya, a déclaré à la chaîne latino-américaine Telesur avoir été victime d'un "enlèvement", d'un "coup d'Etat", à son arrivée au
Costa Rica, où il a été conduit de force dimanche par des militaires honduriens.
"Je suis à San José, au Costa Rica. J'ai été victime d'un enlèvement de la part de militaires honduriens (...) J'ai été trompé par l'élite militaire", a déclaré M.
Zelaya à la chaîne de télévision, dont le siège se trouve à Caracas.
Le chef de l'Etat hondurien a demandé à son homologue américain Barack Obama de faire savoir "s'il était derrière cela".
"Si les Etats-Unis ne sont pas derrière ce coup d'Etat, les putschistes ne pourront pas conserver le pouvoir", a-t-il déclaré à la chaîne de télévision américaine
CNN, qui l'a joint à son arrivée au Costa Rica.
M. Obama s'est dit "très préoccupé" par l'arrestation de M. Zelaya, survenue quelques heures avant le début d'une consultation populaire que le chef de l'Etat
hondurien souhaitait organiser, malgré l'opposition de l'armée, du Parlement et de la Cour suprême, qui avait jugé ce scrutin illégal.
Dans sa dernière interview avant son arrestation, le président hondurien avait déclaré au quotidien espagnol El Pais: "si je suis encore ici, c'est grâce aux
Etats-Unis qui n'ont pas soutenu le coup d'Etat".
Vendredi matin, "tout était prêt pour un coup d'Etat et si l'ambassade des Etats-Unis l'avait approuvé, le putsch aurait eu lieu, mais elle ne l'a pas fait",
avait-il ajouté.
Jeudi matin, des troupes avaient été déployées à Tegucigalpa, la capitale, faisant craindre un soulèvement militaire, mais l'armée avait ensuite assuré vouloir
seulement garantir l'ordre public.
M. Zelaya, qui affirme que les militaires ont "menacé de (lui) tirer dessus", a également lancé un appel au calme.
"Ce gouvernement ne va être reconnu par personne, il va devoir s'en aller la tête basse", a ajouté le chef de l'Etat, faisant allusion à l'équipe que pourrait
former le président du Congrès, Roberto Michelleti, jusqu'à l'élection présidentielle de novembre.
Des militaires agissant sur ordre de la justice ont arrêté dimanche puis expulsé au Costa Rica le président du Honduras, Manuel Zelaya. Ce dernier était sur le
point d'organiser une consultation populaire jugée illégale par la Cour suprême de ce pays d'Amérique centrale. Le président du Congrès Roberto Micheletti a été désigné chef de l'Etat quelques
heures plus tard dimanche par le parlement.
Aussitôt, les Etats-Unis ont fait savoir qu'ils ne reconnaissaient que le président renversé. A Tegucigalpa, la capitale, des centaines de manifestants ont réclamé son retour devant le palais
présidentiel, entouré par des dizaines de soldats et des chars. Les retransmissions des chaînes de télévision et de radio ont été interrompues, l'aéroport international fermé, l'électricité et
les communications coupées. Le présentateur de la seconde chaîne de télévision a eu le temps de déclarer: «Il semble que les militaires se dirigent vers ici», puis d'appeler la population à se
rassembler sur la place de la Liberté. Selon des médias locaux, les urnes installées pour la consultation populaire ont disparu à l'aube dans plusieurs bureaux de vote.
Quatre commandos de 200 soldats
Dimanche matin, vers 6h locales (13h à Paris), quatre commandos d'environ 200 soldats se sont rendus au domicile de Manuel Zelaya, selon un voisin interrogé par
la chaîne de télévision Radiocadena Voces. Les militaires ont tiré «quatre coups de feu», puis sont repartis à bord de trois véhicules en direction de la base aérienne. Un photographe de l'AFP
a constaté que la maison du chef de l'Etat était entourée par des dizaines de militaires fortement armés.
A son arrivée à San José, encore revêtu du pyjama dans lequel il a été expulsé, le chef de l'Etat hondurien s'est dit victime d'un «enlèvement» et d'un «coup d'Etat». «Si les Etats-Unis ne sont
pas derrière ce coup d'Etat, les putschistes ne pourront pas conserver le pouvoir», a-t-il affirmé à la chaîne de télévision américaine CNN.
Il a ensuite déclaré qu'il se considérait toujours comme le président du Honduras, démentant catégoriquement avoir démissionné, comme l'avait affirmé le secrétaire du Congrès. Huit de ses
ministres ont également été arrêtés par les forces armées, a indiqué à l'AFP un fonctionnaire du gouvernement.
Il avait opéré un net virage à gauche
Manuel Zelaya, élu en 2006 pour un mandat de quatre ans non renouvelable, avait convoqué les électeurs pour ouvrir la voie à une révision de la Constitution qui lui
permettrait de briguer un deuxième mandat le 29 novembre. Son projet était dénoncé par l'opposition mais aussi par des dirigeants du Parti libéral, sa propre formation politique. Elu comme
président conservateur en janvier 2006, il a opéré un net virage à gauche et est soutenu par des organisations populaires et indigènes.
Un climat de crise politique régnait dans le pays depuis le milieu de semaine. Mercredi, le président avait limogé le chef d'état-major général, devant le refus des militaires de distribuer le
matériel de vote. Jeudi matin, des troupes avaient été déployées dans la capitale, faisant craindre un soulèvement militaire, même si l'armée avait ensuite assuré vouloir seulement garantir
l'ordre public. Le même jour, Manuel Zelaya avait forcé l'entrée d'une base militaire pour récupérer les urnes qui y étaient entreposées. Le Congrès national avait également évoqué la possibilité
de son éventuelle destitution vendredi, avant de faire marche arrière en raison de l'absence de soutien des militaires.
Les réactions
Barack Obama s'est dit dimanche «très préoccupé» à l'annonce de «l'arrestation» puis de «l'expulsion» du président hondurien,, selon un communiqué de la
Maison-Blanche.
Hugo Chavez, le président vénézuélien, a dénoncé un coup d'Etat «comme l'Amérique latine en a connu tant depuis cent ans, contre un peuple et un président qui était seulement en train d'organiser
une consultation populaire». Il a ajouté : «L'empire yankee a beaucoup à voir avec cela. Je lance un appel au président des Etats-Unis pour qu'il condamne comme nous cette agression pas seulement
à l'encontre du Honduras, mais de tous les peuples d'Amérique latine», a poursuivi M. Chavez.
L'Union européenne a condamné l'arrestation de Manuel Zelaya, et réclamé sa libération «immédiate». «Cet acte constitue une violation inacceptable de l'ordre constitutionnel au Honduras. L'UE
appelle à la libération immédiate du président et un retour rapide à la normalité constitutionnelle», a déclaré à la presse le ministre tchèque des Affaires étrangères, Jan Kohout.
L'Organisation des Etats américains (OEA), qui regroupe les 34 états du continent américain, a condamné dimanche un «coup d'Etat» commis par «un groupe militaire», selon les termes de son
secrétaire général, José Miguel Insulza.
source Le Parisien
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