Vendredi 3 juillet 2009
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Le Front de gauche a vocation à s’élargir
Régionales . En vue de 2010, les rencontres entre forces politiques se multiplient autour du Front de gauche.
Le Front de gauche, comme dynamique politique émergeant à l’occasion des dernières élections européennes, est l’objet de multiples rencontres entre différentes forces politiques. Dernière en
date, lundi 30 juin, celle entre le Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon et le NPA d’Olivier Besancenot qui, rappelons-le, avait refusé de participer au Front de gauche lors des européennes.
Au-delà d’un accord des deux organisations sur « les ravages de la crise », l’urgence « d’une contre-offensive » et la nécessité « d’unir les forces de gauche qui rejettent la logique capitaliste
», les élections régionales de 2010 ont été au coeur des rencontres.
Écartant, de prime abord, le PS et Europe Écologie, les deux organisations se prononcent pour des listes autonomes du Front de gauche (PCF, Parti de gauche et Gauche unitaire) élargies au NPA et
à LO dès le premier tour, et ce dans les vingt et une régions. Pour le second tour, elles s’accordent, pour battre la droite, à des unions « techniques », c’est-à-dire sans engagements communs
sur une politique avec les socialistes et les écologistes, ce que refuse notamment le NPA.
Pour le PCF, qui fut en octobre 2009 l’initiateur du Front de gauche, l’objectif - fort de ce qu’il considère comme des premiers résultats positifs - est,
pour les élections régionales de 2010, d’élargir encore le Front de gauche. L’ambition est de gagner des majorités clairement ancrées à gauche, avec des projets politiques que le PCF souhaite
plus combatifs que ceux mis en oeuvre depuis six ans, pour répondre, en ces temps de crise, aux besoins des populations. Après avoir rencontré le Parti de gauche, la Gauche unitaire, et
République et Socialisme fin juin, le PCF rencontrera début juillet le NPA puis les alternatifs. Il propose, en attendant, une réunion rapide des actuels partenaires du Front de gauche pour «
faire le point des rencontres bilatérales et des possibilités ouvertes à l’amplification de leur démarche commune ».
Max Staat
L'Humanité
Pour une refondation des idées »
Aurélie Trouvé, d’ATTAC, explique pourquoi elle se rendra au forum du Front de gauche, demain.
Aurélie Trouvé, coprésidente de l’association d’éducation populaire, ATTAC, a confirmé sa présence au forum sur « l’alternative à gauche » qui se tiendra (1) à
l’initiative du Front de gauche (PCF, Parti de gauche, Gauche unitaire). La responsable estime en effet que la gauche se trouve dans une « panne idéologique et stratégique ». Les résultats des
européennes consacrent « l’échec flagrant d’une social-démocratie européenne trop tentée par le social-libéralisme » et « la poussée des préoccupations écologiques. Une partie de la gauche
historique n’a pas su intégrer les enjeux liés à la crise globale » du système (économique, politique, sociale, écologique), analyse Aurélie Trouvé. Pour elle, cela interpelle les partis de
gauche sur l’invention de « nouveaux modes de production et de consommation », car « l’activité humaine atteint des limites tangibles qui l’obligent à intégrer le défi écologique ». D’où le
besoin d’une « refonte de la gauche sur le plan des idées, qui dépasse largement le champ de la gauche des partis » car elle intéresse aussi les mouvements sociaux et écologistes.
Interrogée sur les liens à inventer entre politique et mouvement social, la coprésidente d’ATTAC estime que ceux-ci doivent fonctionner dans les deux sens. « Le mouvement social a besoin de
perspectives politiques, mais l’histoire montre qu’en période de crise de civilisation comme celle que nous traversons, les grands retournements qui ont permis des changements de la
représentation institutionnelle n’ont été rendus possibles qu’avec l’existence d’un fort mouvement populaire. Les partis de gauche pâtissent aussi d’un mouvement social qui a du mal à s’inscrire
dans la durée », conclut-elle. La dirigeante associative insiste enfin sur le besoin d’une mobilisation commune des partis et des mouvements sociaux et écologistes au sommet de Copenhague sur le
climat.
(1) Vendredi à partir de 18 heures à la Mutualité, à Paris.
Sébastien Crépel
l'Humanité