Vendredi 17 juillet 2009
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Cinq ans après avoir essayé de commercialiser un blé génétiquement modifié, Monsanto vient d’acquérir pour 45 millions de dollarsWestBred LLC, une firme située
dans le Montana (États-Unis), qui est spécialisée dans le patrimoine génétique des semences de blé.
Le leader mondial du marché OGM veut développer à court terme des variétés de blé offrant un meilleur rendement pour les agriculteurs américains. « Monsanto veut développer des plants plus
résistants à la sécheresse, et plus efficaces avec les traitements à l’azote », explique Carl Casale, vice-président exécutif de la stratégie et des opérations chez Monsanto (Source Reuters).
L’azote est utilisé en agriculture comme fertilisant mais son utilisation contribue également à la pollution des ressources aquifères.
Actuellement, aucun blé génétiquement modifié n’existe sur le marché mondial. Partout, des groupes de protection de l’environnement et des consommateurs s’opposent à la commercialisation
génétiquement modifiée de cette plante, l’une des plus consommée au monde, à la base du pain et des pâtes alimentaires, mais aussi d'aliments du bétail, et dont la paille (sinon toute la
plante) peut être source d'agrocarburants.
Monsanto commercialise déjà du soja, du maïs et du coton génétiquement modifiés. En 2004, la société a retiré sa version de blé génétiquement modifié, tolérant a son herbicide Round Up. À
l’époque, les fermiers avaient argumenté que la résistance à l'herbicide n'était pas un caractère recherché et que blé en question profitait davantage à l’entreprise qu’à la cause de
l’agriculture.
Les évaluations très largement biaisées selon le CRIIGEN
Selon le Comité de Recherche et d'Information Indépendantes sur le génie génétique (CRIIGEN), les firmes d'OGM agricoles et les commissions d'évaluation négligent
systématiquement les effets secondaires des OGM et des pesticides. Le CRIIGEN fait référence à l'EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments) et la US-FDA (Food and Drug Administration aux
Etats-Unis) qui ont évalué les maïs OGM tant controversés MON863 ou MON810 qui produisent des insecticides artificiels. L'explication se trouve dans une étude réalisée par huit experts
internationaux de trois continents qui vient d'être publiée.
Des tests réglementaires sont conduits avant la commercialisation au cours desquels on analyse le sang des mammifères qui ont été nourris aux OGM. Pour le CRIIGEN, la durée de ces études est
généralement conduite sur une période dangereusement courte de trois mois et le nombre d'animaux testés est habituellement insuffisant pour en déterminer la sécurité.
Cependant, quand les résultats statistiques de ces tests révèlent des effets significatifs et démontrent des signes de toxicité, ceux-ci sont ignorés ou négligés
affirme le comité. Il soutient également que ces effets sont souvent jugés sans importance s'ils ne sont pas similaires chez les mâles et femelles, ou s'ils n'augmentent pas en fonction de la
dose d'OGM administrée à l'animal. Ce biais systématique se traduit par une importante sous-estimation des signes initiaux de maladies chroniques comme des cancers, maladies hormonales,
immunitaires, nerveuses, ou de la reproduction, entre autres.
Le CRIIGEN parle d'une erreur inexcusable compte tenu des connaissances scientifiques modernes. "En cautionnant les techniques adoptées par les firmes afin de
masquer des résultats statistiques significatifs, les pouvoirs publics démontrent leur incapacité à tirer les leçons des scandales sanitaires passés. De plus toute étude réglementaire devrait
être réalisée à long terme et par un organisme indépendant."
Le CRIIGEN appelle à la sécurité sanitaire des aliments et réclame immédiatement aux autorités la diffusion des analyses de sang des mammifères ou toute autre
donnée de sécurité ayant servi à autoriser les OGM et les pesticides tels que le Roundup dans le passé. Si ces dernières ne permettent pas à des tiers indépendants d'accéder à ces données, alors
elles se rendraient complices des nouveaux scandales sanitaires qui pourraient en découler, tout simplement parce qu'elles ont refusé d'autoriser une évaluation indépendante crédible quand il y a
des raisons de douter. Le CRIIGEN pense même que les crises sanitaires pourraient s'avérer plus importantes que les crises financières internationales par manque de transparence des autorités de
contrôle.
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