Lundi 20 juillet 2009 1 20 /07 /2009 00:58


LES RUINES DE JENINE


Les sionistes n'aiment pas qu'on parle du massacre de Jenine,  il y a eu des morts à Jenine et une destruction massive... tuez des être innocents qu'ils soient 3, 4 , 5 10 ou des centaines c'est toujours un massacre  m.leray


Jénine

Un enfant raconte comment les soldats ont tué son père, en avril 2002


publié le dimanche 1er avril 2007.

Personne n’a été autorisé à le voir, son corps était gravement mutilé et déformé. Et maintenant, cinq années après que son père ait été tué, Mustafa parle.

« Mon père n’était pas un combattant. Il n’avait pas d’arme. Les soldats (israéliens) l’ont sorti de la maison et l’ont torturé sans la moindre pitié, ils l’ont tué et nous ont donné son corps, mes frères et moi étions devenus orphelins. Où est la conscience internationale, où sont les Nations unies qui mettent victimes et agresseurs sur le même plan ? Mon père était un homme paisible qui s’occupait de ses six enfants. »


Avec ces paroles, Mustafa Husny Fayid, 13 ans, commence à parler de la tragédie qui a frappé sa famille lors du massacre en 2002, dans le camp de réfugiés de Jénine, perpétré par l’armée israélienne, lors de l’offensive qu’Israël a appelé Opération Bouclier défensif.

Cinq années après le massacre, l’enfant est capable finalement de discuter sur ce qui s’est passé quand il avait 7 ans. Il exprime sa colère : « le monde est toujours incapable d’arrêter les atrocités israéliennes. »

« Le monde parle de justice, de paix et de droits de l’homme, mais quand il est question de nous et de ce qu’Israël nous fait, alors, il n’a plus les mêmes idées et les mêmes principes. Nous sommes des réfugiés, nous rêvons d’une vie stable, d’un pays et d’une maison modeste » dit Mustafa, « Où est la justice du monde, où est la loi internationale, comment se fait-il que la commission qui devait enquêter sur le massacre dans notre camp n’a jamais été formée ? Ils devaient venir ici et voir comme nous vivons, et les destructions qu’on nous a infligées, à nous et à notre avenir. L’occupation est la cause de tous nos problèmes, mais personne ne veut voir la vérité, tous veulent que nous nous taisions. »

L’accablement de l’enfant et de sa famille a commencé quand l’armée israélienne a pénétré dans le camp en avril 2002. « Quand l’armée a envahi le camp, les soldats ont commencé par occuper les maisons et à tendre des embuscades aux combattants, puis ils ont bombardé toutes les maisons une fois qu’ils avaient encerclé tout le camp », raconte Mustafa, « Tout est devenu dangereux, le danger était partout autour de nous. Nous nous sommes caché dans une pièce pendant une semaine entière, pendant ce temps-là, les avions et les chars tiraient des obus et des missiles sur tout le camp. Nous avons vécu dans la peur et mes plus jeunes frères n’ont pas cesser de pleurer tout le temps. Mon père nous disait de ne pas avoir peur et il nous lisait des versets du saint Coran. »

A ce moment-là, Mustafa s’arrête de parler un instant. Ses yeux se remplissent de larmes alors qu’il regarde la photo de son père accrochée au mur. Finalement il reprend : « Plusieurs jours après le début de l’invasion, nous avons su que les soldats avaient encerclé tout le camp et qu’elle allait être plus violente, plus féroce. Puis les tirs d’obus se sont intensifiés et les soldats ont tiré sur la mosquée près de chez nous ».

Le matin suivant, l’armée a progressé dans le camp et les soldats ont commencé à cogner aux portes et à ordonner aux hommes de sortir des maisons et à se rendre.

« Nous avons entendu des coups violents contre notre porte, nous étions effrayés. Mon père a ouvert la porte, il y avait plus de 30 jeeps de l’armée à l’extérieur, dans la rue. Les soldats ont fait alors irruption dans la maison et commencé à la fouiller, ils ont piétiné le pain avec leurs pieds dégoûtants, casser les plats, briser les fenêtres et puis ils ont commencé à taper sur mon père, violemment, avant de le porter dans la cour, nous l’avons entendu hurler de douleur, avant qu’ils l’emmènent. »

Selon les récits d’autres témoins, ils se sont servis du père de Mustafa comme d’un bouclier humain et l’ont obligé à frapper aux portes des maisons du quartier avant qu’ils y pénètrent de force et enlèvent les habitants.

« Plus tard, les soldats sont revenus. Ils avaient mon père et mon oncle et les ont enfermés dans une petite pièce de notre maison. Les soldats ont vu les dessins que mes petits frères avaient peints sur les murs dans la maison, des cartes de Palestine et d’autres dessins, et ils se sont fâché et dit que ces dessins étaient des plans pour permettre aux combattants de s’échapper et ils ont cogné sur mon père à la tête » ajoute Mustafa.

« Ils ont frappé violemment mon père à la tête, on hurlait et on criait après lui, il commençait à saigner et ils l’ont sorti malgré ses blessures et ses douleurs. »

Des témoins ont dit à Mustafa qu’ils avaient vu des soldats tourmenter son père pendant qu’ils le dirigeaient vers un véhicule blindé, et ils l’ont emmené à un endroit où les soldats se regroupaient avec leurs véhicules. Selon des récits locaux, les troupes israéliennes ont emmené des dizaines d’habitants dans le camp provisoire où Mustafa les avait vus mener son père.

Là, les soldats ont torturé et interrogé les hommes. A un moment, selon des témoins, le père de Mustafa a supplié qu’on l’emmène dans un hôpital, mais les soldats ont refusé de lui donner le moindre soin médical.

Plus tard, des soldats ont emmené l’homme dans un lieu inconnu ; des habitants disent qu’ils l’on vu au bureau de l’Administration civile qui appartient à l’armée israélienne. Ces habitants disent qu’ils l’ont entendu crier puis il s’est arrêté.

« Il ne respirait pas, et les gens m’ont dit qu’à ce moment-là ils ont crié aux soldats, il est mort, l’homme est mort » dit Mustafa, « Alors, les soldats lui ont donné les premiers soins et l’ont emmené à l’hôpital, après nous n’avons jamais su où il était. »

« L’armée nous a dit que mon père était à l’hôpital israélien Al Foula, mais quand nous avons téléphoné à l’hôpital, ils nous ont dit qu’il n’y était pas, nous avons contacté le Croissant Rouge et la Croix Rouge et eux nous ont dit que les soldats avaient mis mon père en prison, à Ofer. Nous l’avons cherché pendant trois mois. »

« La société des Prisonniers, le Croissant Rouge et plusieurs organisations ont participé aux efforts pour trouver mon père. Ils ont été informés par l’armée que mon père était retenu prisonnier, mais quand les institutions médicales et l’avocat de la société des Prisonniers ont contacté les officiers de l’armée, ils ont dit que son nom n’était pas dans la liste des détenus. »

Les récits variés à propos du sort du papa de Mustafa ont accru les inquiétudes de sa famille, et trois mois plus tard, après des efforts considérables de la famille et de plusieurs institutions, l’armée a fini par reconnaître que le père était mort.

« Nous avons vécu des moments difficiles, car l’armée faisait une guerre cruelle contre le camp, contre nous, nous étions incapables de cacher nos peurs, nos larmes, mes petits frères et moi, on pleurait jour et nuit. » dit Mustafa.

Mais quand finalement, la nouvelle est arrivée pour son père, ce fut désastreux pour eux d’apprendre la vérité, qu’il était devenu un corps sans vie à la morgue israélienne d’Abu Kbeer. Quand l’armée a rendu le corps du père à sa famille, leur chagrin a été encore plus fort, il était dans un cercueil fermé.

Personne n’a été autorisé à le voir, son corps était gravement mutilé et déformé. Et maintenant, cinq années après que son père ait été tué, Mustafa parle.

« J’insiste sur le fait que les responsables de sa mort devraient être poursuivis, je fais appel aux organisations internationales pour qu’elles prennent le dossier de mon père et déposent plainte contre l’armée israélienne, je veux savoir comment il est mort dans leurs prisons, il a quitté la maison sur ses pieds et il nous revient comme un corps sans vie, ils nous l’ont pris, pour toujours. »


PNN/IMEMC
25 mars 2007 - traduit de l’arabe par SAed Bannoura - saed at imemc dot org - http://www.imemc.org/article/47522 - traduction de l’anglais : JPP


Peut-on dire qu'il n'y a pas eu  massacre ?


VIDEO LE MASSACRE DE JENINE
( 50 mn)

Avoir le courage de regarder cette vidéo malgré sa longueur tant qu'elle est encore disponible est un déjà un acte de résistance

m.leray
Publié dans : PALESTINE, GAZA, ISRAËL - Communauté : La Cyber-résistance
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