Mardi 23 août 2011
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15:19
par Manlio Dinucci
contribution Marie Ange Patrizio
envoyée à Cri du Peuple
Une photo publiée par le New York Times
raconte, plus que beaucoup de paroles, ce qui est en train d’arriver en Libye : elle montre le corps carbonisé d’un soldat de l’armée
gouvernementale, à côté des restes d’un véhicule brûlé, avec trois rebelles autour qui le regardent avec curiosité. Ce sont eux qui témoignent que le soldat a été tué par un raid de
l’OTAN.
photo ajoutée par Cri du Peuple
http://lens.blogs.nytimes.com/2011/08/22/tomorrow-tripoli/?scp=1&sq=Tripoli&st=cse
En moins de cinq mois, informe le Commandement conjoint allié de Naples, l’OTAN a effectué plus de 20mille raids
aériens, dont 8mille d’attaques par bombes et missiles. Cette action, déclarent au New York Timesde hauts fonctionnaires étasuniens et OTAN, a été décisive pour resserrer l’étau autour de Tripoli.
Les attaques sont devenues de plus en plus précises, détruisant les infrastructures libyennes et empêchant ainsi le
commandement de Tripoli de contrôler et d’approvisionner ses forces. Aux chasseurs-bombardiers qui larguent des bombes à guidage laser d’une tonne, dont les têtes pénétrantes à l’uranium appauvri
et tungstène peuvent détruire des édifices renforcés, se sont joints les hélicoptères de combat, dotés des systèmes d’armements les plus modernes. Parmi eux, le missile à guidage laser
Hellfire, qui est lancé à 8Kms de l’objectif, utilisé aussi en Libye par les avions
télécommandés étasuniens Predator/Reaper.
Les objectifs sont repérés non seulement par les avions radar Awacs, qui décollent de Trapani (côte sud-ouest de la Sicile), et par les Predator italiens qui décollent d’Amendola (Foggia, province des Pouilles), en survolant la Libye
24h/24. Ils sont aussi signalés -indiquent au New York Timesles fonctionnaires
OTAN- par les rebelles. Ceux-ci, tout en étant « mal entraînés et mal organisés », sont en mesure, « grâce des technologies fournies par des pays de l’OTAN », de transmettre
d’importantes informations au « team OTAN en Italie, qui choisit les objectifs à frapper ». De plus, rapportent les fonctionnaires, « la Grande-Bretagne, la France et d’autres pays
ont déployé des forces spéciales sur le terrain en Libye ». Officiellement pour entraîner et armer les rebelles, en réalité surtout pour des tâches opérationnelles.
On voit ainsi émerger le cadre réel. Si les rebelles sont arrivés à Tripoli, c’est dû non pas à leur capacité de
combat, mais au fait que les chasseurs-bombardiers, les hélicoptères et les Predator de l’OTAN leur ouvrent la voie, en pratiquant la terre brûlée. Au sens littéral du terme, comme le montre le
corps du soldat libyen carbonisé par le raid OTAN. En d’autres termes, on a créé à l’usage des medial’image d’une résistance avec une force capable de battre une armée professionnelle. Même si, évidemment des rebelles meurent dans les affrontements, ce ne sont
pas eux qui sont en train de s’emparer de Tripoli. C’est l’OTAN qui, forte d’une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU, est en train de démolir un Etat au motif de défendre les civils. De
toute évidence, depuis qu’il y a un siècle les troupes italiennes débarquèrent à Tripoli, l’art de la guerre coloniale a fait de grands pas en avant.
Edition de mardi 23 juillet de il manifesto
Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio
Cri du Peuple 1871 : http://www.mleray.info/article-c-est-l-otan-qui-est-a-la-conquete-de-tripoli-82245600.html
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