Mardi 26 janvier 2010
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Alors que la manifestation intersyndicale, d’un très pacifique climat, s’était mise en mouvement ce jeudi, la place Garibaldi
lieu de départ de la manifestation étant redevenue presque vide, une intervention policière inacceptable est venue souligner un climat d’atteintes aux libertés publiques.
Des policiers, présents en nombre se sont précipités vers deux manifestants du Snuipp-Fsu, encore présents sur la place, et
portant des pancartes avec des phrases exactes et datées de Sarkozy, et des masques de carnaval à l’effigie du président de la République. Avec la volonté de les interpeller pour "injures au
président de la République".
Des élus et des participants venus à la manifestation exprimer leur solidarité avec les salarié-e-s de la fonction publique, se
sont alors interposés calmement pour dénoncer le caractère disproportionné et déraisonnable de cet "excès de zèle". La réaction des forces de l’ordre a été brutale, cherchant à toute force à
"embarquer" les deux manifestants placés en "état d’arrestation". Les élus et quelques manifestants encore sur place ont tenté d’empêcher ces arrestations arbitraires par une chaîne humaine de
solidarité.
Communiqué NPA NICE
Répression policière à la manifestation-
Jeudi 21 janvier 2010
Aujourd’hui, lors de la manifestation intersyndicale pour la défense des services publics à Nice, deux jeunes manifestants ont
été interpellés par les forces de l’ordre.
Leur seul tort ?
Avoir osé porter un masque à l’effigie de Nicolas Sarkozy, en brandissant des pancartes reproduisant mot pour mot les propos
dont le président de la République est si friand, et dont il abreuve régulièrement les médias, en mettant à mal l’utilité de la grève, en remettant en question le rôle des enseignants dans
l’éducation des enfants, en revenant sur le principe de laïcité, en préconisant de "nettoyer au karcher" les banlieues des "racailles" qui sont supposées y vivre, etc.
On croyait pourtant Nicolas Sarkozy très attaché à la liberté d’expression, puisqu’il avait avant son élection défendu les
journalistes ayant publié des caricatures de Mahomet. Mais il semble que les libertés de manifestation et d’expression (et avec cette dernière la liberté de caricature, de parodie et de satire)
s’arrêtent où commence la liberté du président Sarkozy.
Ainsi, les forces de l’ordre ont cherché à interpeller les manifestants en question (qui étaient des militants du SNUIPP-FSU,
principal syndicat enseignant du primaire) pour "injures au président de la république". Selon divers témoignages et vidéos des faits, des personnes présentes dans le cortège (dont des élus au
conseil régional) ont été aussi molestées ou jetées à terre, un enseignant gréviste arrêté et embarqué avec les deux jeunes manifestants, et un autre manifestant également membre du SNUIPP a
été blessé et emmené par les pompiers sur une civière à l’hôpital Saint-Roch.
Ces faits sont gravissimes, et témoignent d’un arbitraire et d’une violence extrêmement inquiétante des forces de l’ordre dans
un pays où l’idéologie sécuritaire et répressive est devenue le fond de commerce d’une droite dure et décomplexée, et dans une ville où Christian Estrosi, en valet servile de l’hyperprésident,
cherche à faire de Nice un laboratoire de la "tolérance zéro", notamment par la généralisation de la vidéosurveillance et le renforcement de la répression policière.
Le comité NPA de Nice s’indigne d’une telle dérive sécuritaire à l’occasion d’une manifestation intersyndicale parfaitement
légale. Cette manifestation est d’autant plus légitime face à la casse du service public que le gouvernement Sarkozy mène au pas de course, et dont l’urgence est telle qu’elle semble désormais
ne même plus devoir respecter les plus élémentaires des droits constitutionnels et démocratiques.
Manifester librement et pacifiquement son opposition à une politique de régression jamais vue dans notre pays depuis le
gouvernement de Vichy est pourtant plus qu’un droit : c’est un devoir si l’on veut faire vivre une autre société plus humaine, plus solidaire, plus juste et démocratique.
Le comité NPA de Nice apporte ainsi tout son soutien aux manifestants impliqués dans cette affaire, et sera partie prenante de
toutes les actions menées pour les défendre face à la répression sécuritaire dont ils ont été victimes.
Le 21 janvier 2010
NPA Nice
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