Mercredi 12 mai 2010 3 12 /05 /Mai /2010 23:25
par Maryvonne Leray

 

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Dès le traité de Maastricht, nous l'avions dit et nous l'avons su. Mettre l'Europe entre les mains d'une banque privée était ce que l'on pouvait inventer de pire pour le bien des peuples européens. La crise est là aujourd'hui, hélas, pour nous donner raison.

Après la Grèce, l'Espagne et le Portugal ont décidé de nouvelles coupes budgétaires au plus chaud des discussions du week-end dernier. Selon Olli Rehn, l'Italie et la France doivent elles aussi faire plus d'efforts, en dépit du gel annoncé de leurs dépenses publiques. «L'objectif d'un déficit limité à 3% est le bon, dit-on dans l'entourage du commissaire finlandais. Reste, dans beaucoup de capitales, à préciser de manière convaincante comment il sera atteint.»

Personne ne pouvait croire que mobiliser des centaines de milliards d'euros d'emprunts en faveur de la monnaie unique allait régler d'un coup de baguette magique l'accumulation des déficits nationaux et l'emballement de la dette.


Au sommet de l'eurogroupe, l'argument a poussé hors de ses gonds le président de la BCE, Jean-Claude Trichet, pressé d'être plus souple sur le financement des déficits: «Ce n'est pas à vous de me dire ce que je dois faire», a-t-il lancé aux dirigeants européens selon un témoin direct. «Commencez plutôt par faire votre travail chez vous!»
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L'Europe n'a jamais été prévue pour être l'Europe des peuples mais un grand marché financier. Seule l'Europe des capitaux importe aux gouvernements qui ont surffé sur l'angoisse provoquée par la dernière guerre européenne pour imposer des alliances entre trust...

Cette fameuse journée du 9 mai 1950 qui marque, parait-il,la naissance de l'Europe ne fut qu'un traité d'alliance pour le Charbon et l'Acier


 Jean Monnet. Commissaire au Plan  travaille en secret à un plan de mise en commun du charbon et de l'acier des pays d'Europe occidentale. Il pense en effet que la mutualisation des ressources des Etats dans certains secteurs clés de l'économie entraînera un engrenage qui débouchera un jour sur la création des Etats-Unis d'Europe.


De plus, le charbon et l'acier sont les principales ressources nécessaires à l'industrie de l'armement. Les mettre en commun sous le contrôle d'une autorité indépendante, c'est rendre la guerre entre la France et l'Allemagne matériellement impossible. Telle est l'idée que Jean Monnet expose à son compatriote Robert Schuman, alors ministre des Affaires étrangères. En dépit d'un certain scepticisme, le ministre parvient à convaincre son gouvernement de la justesse des vues de Monnet.


Le 9 mai 1950, Robert Schuman, rend publique, lors d'une conférence de presse tenue au Salon de l'horloge du Quai d'Orsay, sa proposition inspirée du projet de Jean Monnet. L'Allemagne de l'Ouest, visée au premier chef par l'offre de Schuman, est tout de suite séduite par cette idée : pour
Konrad Adenauer, le pool charbon acier apparaît comme un bon moyen de réhabiliter son pays sur la scène internationale. Mais ce projet s'adresse également à tous les pays européens volontaires. La Belgique, l'Italie, le Luxembourg et les Pays-Bas y répondent  favorablement.
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En 1957 le traité de Rome institue la Communauté économique européenne (CEE), aussi appelée «marché commun».


Il y eut aussi le fameux serpent monétaire qui, comme son nom l'indique, ne fut jamais qu'un serpent insidieusement glissé dans le panier de l'Europe


La genèse du SME débute de fait en 1944 avec les accords de Bretton Woods où plusieurs dizaines d'États décident que, la guerre finie, la nouvelle économie mondiale se fera grâce à l'aide des États-Unis  et les échanges seront donc basés sur le dollar américain. Cette spécificité de la monnaie américaine va dès lors lui conférer une valeur supranationale et donner un privilège exceptionnel aux États-Unis  en leur permettant de payer toutes leurs importations dans la monnaie nationale, alors que les autres pays doivent s'efforcer de gagner suffisamment de devises pour régler leurs importations. Pour obtenir les précieux dollars, les pays n'ont d'autre choix que d'exporter, en particulier les pays de l'Europe de l'Ouest et le Japon, alors que les États-Unis, qui ont la possibilité de financer leurs achats en émettant des dollars, tendent à augmenter leurs importations plus que ne leur permet leur situation réelle, rendant le système de plus en plus fragile.

Alors qu'ils s'étaient engagés à assurer la convertibilité du dollar en or à 35 dollar l'once, les États-Unis renoncent unilatéralement en 1971 à cette convertibilité. Dès lors, le cours du dollar va évoluer librement par rapport aux autres devises donnant cours à un nouveau système de parités flottantes dont est issu le Système monétaire européen. Durant les années 1970, les détenteurs de dollars les vendent pour acheter de l'or et d'autres devises, faisant monter le cours de l'or et chuter celui du dollar.

                                     ***

En 1972, le Serpent monétaire européen est créé par l'accord de Bâle du 10 avril. Il est la reconnaissance qu'il existe depuis quinze ans en Europe de l'Ouest une véritable communauté d'intérêts économiques et que ces pays sont, les uns pour les autres, autant d'importants clients que d'importants fournisseurs.

Ces pays se rendent compte qu'ils ne veulent plus prendre le risque de laisser leurs échanges commerciaux à la merci d'un mouvement spéculatif qui prendrait l'un d'entre eux pour cible. Par le pacte signé, les pays s'engagent à flotter de concert en maintenant entre leurs devises des rapports quasi stables (+ ou - 2,5% d'oscillation maximum). Le message aux spéculateurs est désormais clair : ceux qui voudraient faire monter le Deutsche Mark devront aussi faire monter les autres monnaies qui lui sont rattachées dans le cadre du Serpent monétaire européen.


Cependant, la chute du dollar américain continua de 1972 à 1978, et les devises craquèrent les unes après les autres. Le franc français sortit deux fois du Serpent, en 1974 et en mars 1976, car même s'il s'apprécia par rapport au dollar de 5,50 à moins de 4,00, la dérive était encore plus importante par rapport à la devise allemande. En 1976, la livre sterling est obligée elle-même à une dévaluation de 30 %.


Les problèmes économiques au cours de la période 1977-1978 sont importants : inflation généralisée, crise de l'acier, effondrement du dollar, qui de mars 1977 à mars 1978 perd 12,34% par rapport à la devise allemande, passant de 2,35 DM à 2,09 DM alors que la balance commerciale américaine accuse un déficit de 31 milliards de dollars pour 1977. Le gouvernement américain ne soutient pas sa monnaie et début 1978, l'instabilité monétaire est généralisée et la situation est telle que même les échanges communautaires sont menacés. Les monnaies européennes les uns après les autres doivent quitter le Serpent monétaire
européen. 3


De fil en aiguille, en instaurant de nouveau un système monétaire, en créant l'ECU, l'Europe s'est acheminée vers une dépendance de plus en plus grande des états au système bancaire et financier, jusqu'à l'apothéose de la création de l'Euro et du traité de Lisbonne. Aujourd'hui plus un seul pays de la zone euro ne peut réevaluer sa monnaie. Il ne reste plus à la commission européenne qu'à donner l'assaut final :


La Commission européenne a fait ce mercredi matin une proposition choc. Alors que les Etats européens sont tombés d'accord ce week-end pour renforcer la surveillance budgétaire au sein de l'Union européenne, Bruxelles souhaite que les budgets nationaux lui soient soumis. Avant de passer devant les parlements nationaux.

 L'exécutif européen propose ainsi que les grandes lignes des budgets lui soient présentées au printemps. Ils seraient ensuite soumis aux Conseil européen des ministres des Finances (Ecofin). Ce n'est qu'après ce double contrôle que les projets de budget seraient examinés par les parlements nationaux. Et, en cas de non-respect des critères, Bruxelles propose de supprimer les aides européennes.

Dernière idée présentée ce mercredi, la Commission estime qu'il faudrait rendre permanent le mécanisme de «gestion de crise» adopté en version temporaire ce dimanche par les Etats membres.


Les Etats de l'UE, d'accord sur le principe pour renforcer la coordination économique, sont soumis à de multiples pressions. Mercredi, le président de la BCE, Jean-Claude Trichet, a jugé «capital» de «renforcer la surveillance des politiques menées par les uns et les autres sur le plan budgétaire». Il affirme que «ce qui est en cause (dans la crise actuelle, NDLR), c'est la politique menée par les différents gouvernements au sein de la zone euro.»


Le directeur général du Fonds monétaire international, Dominique Strauss-Kahn, a également pressé les Etats européens de renforcer leur coordination
budgétaire. 4


Le capitalisme qui fait feu de tout bois a leurré les peuples d'Europe en leur faisant croire que ce marché commun et cette zone euro étaient une marche vers la paix. Il s'agit en fait du plus grand désastre que l'Europe aie connu depuis les années 40 … Il s'agit de briser tous les acquis sociaux, de vaincre la démocratie en ne lui laissant que son vernis. Il s'agit de faire croire que les peuples qui veulent se libérer sont dirigés par des tyrans. Il s'agit de monter les populations contre un nouveau bouc émissaire : l'Islam et l'immigration et faire ainsi oublier qui sont les véritables fautifs : la spéculation et ses suppôts, le profit et ses profiteurs.


Il s'agit de remplacer l'idée de l'homme et de l'humanisme par la barbarie consumériste, la haine la violence, la destruction dont seul est capable le capitalisme libéral.


PEUPLES D'EUROPE SOULEVEZ VOUS...

Maryvonne Leray

 

AKROPOLI3

 

 


Notes

1 Le Figaro

2 Traité de Rome

3 source Wikipedia

4 Le Figaro


Publié dans : LES EDITOS - Communauté : les anti-capitalistes
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