Samedi 27 mars 2010
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Le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, a exhorté samedi les 22 Etats-membres à renforcer leurs liens avec
l'Iran, dont l'influence croissante dans la région et le programme nucléaire soulèvent des inquiètudes.
Lors de son discours d'ouverture au sommet de la Ligue arabe à Syrte, en Libye, Amr Moussa a également averti que la poursuite
des constructions israéliennes sur des terres revendiquées par les Palestiniens pour un futur Etat palestinien pourrait faire échouer le processus de paix une bonne fois pour
toute.
Le secrétaire général de la Ligue arabe a dévoilé son projet pour renforcer les liens avec l'Iran à l'ouverture de ce sommet
de deux jours, évoquant notamment la mise en place d'un forum pour la coopération régionale et la résolution des conflits avec l'Iran et la Turquie.
"Je me rends compte que certains sont inquiets sur l'Iran et c'est exactement pour cela que le dialogue est nécessaire", a
estimé Amr Moussa, dont la proposition pourrait compromettre les efforts déployés par les Etats-Unis et Israël pour isoler Téhéran.
Certains puissances occidentales tentent actuellement de pousser à de nouvelles sanctions contre l'Iran, qu'ils suspectent de
vouloir développer l'arme atomique.
La volonté du monde arabe de se rapprocher de l'Iran pourrait être motivée en partie par sa frustration face à l'incapacité
des Etats-Unis à forcer Israël à renoncer à ses projets de construction à Jérusalem-est et en Cisjordanie, et à faire avancer le processus de paix au Moyen-Orient. AP
Source Nouvel Observateur
Envisager l'échec du processus de
paix
"Nous devons étudier la possibilité que le processus de paix soit un échec complet. Il est temps de faire face à Israël.
Nous devons préparer des projets alternatifs parce que la situation est arrivée à un tournant", a dit Moussa à l'ouverture d'un sommet arabe à Syrte.
La délégation palestinienne a souligné que, dans les faits, c'est Israël qui a gelé les pourparlers indirects en annonçant de
nouveaux projets de colonisation.
"Nous avons accepté un processus de paix sans limite de temps, il en est résulté une perte de temps et nous n'avons abouti à
rien sinon à permettre à Israël de perpétuer sa politique pendant 20 ans", a renchéri Amr Moussa.
POUR UN DIALOGUE AVEC L'IRAN
Il n'a pas précisé la nature d'une éventuelle alternative au processus de paix, mais de nombreux pays arabes s'en tiennent à
l'initiative de paix arabe proposée par l'Arabie saoudite et adoptée en 2002 au sommet arabe de Beyrouth.
Le Premier ministre égyptien Ahmed Nazif a déclaré aux journalistes à l'issue de la première journée du sommet que la question
palestinienne serait débattue dimanche.
"Ce sommet sera ponctué de décisions fortes relatives aux dossiers arabes actuels", a-t-il ajouté.
Aux termes du plan saoudien, les pays arabes normaliseraient leurs relations avec Israël si celui-ci se retirait de tous les
teritoires occupés en 1967 et si une solution équitable était trouvée au problème des réfugiés palestiniens chassés de leurs foyers lors du conflit de 1948.
Certains pays membres de la Ligue proposent toutefois comme alternative que les Palestiniens déclarent unilatéralement leur
Etat ou bien encore qu'il changent de stratégie en prônant l'avènement d'un Etat binational pour les Juifs et les Arabes, une solution déjà rejetée par Israël.
Amr Moussa s'est par ailleurs prononcé pour l'ouverture d'un dialogue entre la Ligue arabe et l'Iran au sujet du programme
nucléaire du régime de Téhéran, qui inquiète non seulement les Occidentaux mais aussi ses voisins arabes.
"Nous devons ouvrir un dialogue avec l'Iran. Je sais qu'il y a des inquiétudes parmi les Arabes au sujet de l'Iran, mais cet
état de fait confirme la nécessité d'un dialogue avec l'Iran", a-t-il déclaré.
Le secrétaire général de la Ligue s'est par ailleurs dit favorable à la création d'un ensemble régional entre le monde arabe
et la Turquie, une idée acceptée par le Premier ministre, Tayyip Erdogan, qui assiste au sommet de Syrte à l'invitation du colonel Mouammar Kadhafi.
Agence Reuter
Jeudi, les ministres arabes se sont mis d'accord sur un plan d'aide de 500 millions de dollars aux Palestiniens de Jérusalem,
qui doit être formellement accepté lors du sommet.
Le Parisien
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