Lundi 6 septembre 2010
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par Denys Pouillard
La République du général de Gaulle a rapidement été modifiée sur l'essentiel (l'élection du président au suffrage
universel direct), au point de livrer la gouvernance de l'Etat à une nouvelle épreuve : la manière dont le chef de l'exécutif compte mener le « bien commun ». En 2010...nous y voilà
!
Le « bien commun » ?
La République s'est adaptée au pouvoir d'un seul que les lois tempéraient néanmoins. Le Parlement malmené mais debout
évitait que la République devienne une monarchie et cinq présidents ont su conserver à la France les principes fondamentaux du « bien commun » c'est-à-dire la volonté générale, le rôle de la
puissance publique, la responsabilité du citoyen dans la collectivité. Enfin tous les attributs d'une nation moderne qui place la vérité au même rang que la liberté, la laïcité au même rang que
l'égalité, la solidarité au même rang que la fraternité.
En même temps l'adaptation de la nation aux exigences de la mondialisation, de la diffusion des connaissances, de
l'efficacité dans les décisions, conduisaient la République à réduire sa conception stricte de l'idée de nation, à sacrifier le jacobinisme sur l'autel de la décentralisation, à ouvrir le temple
des interdits et des tabous. Personne ne contestait cette évolution : la République respirait... même si elle transpirait au prix cher de l'abandon de certaines valeurs. Au moins la République,
en l'état, préservait de guerres de religions ou de guerres civiles.
La République a changé de visage. Tout ce qui garantissait le non retour à un pouvoir despotique s'effrite au fil des mois.
Montesquieu définissait le despotisme comme le gouvernement « où un seul, sans loi et sans règle, entraîne tout par sa volonté et par ses caprices ». Ajoutons le recul, au profit de la culture du
résultat et du chiffre, de tout ce qui peut s'assimiler aux humanités et l'on oublie déjà le despotisme même « éclairé ».
Certes les Lois commandent encore le Droit...mais le détricotage permanent des fondements du « bien commun » - en ébranlant
les Droits de l'Homme, en versant la valeur travail dans la fosse commune du minimum vital, en sanctuarisant la protection inconditionnelle et démesurée de la richesse, en accumulant les fautes
de goût par l'institutionnalisation du mensonge d'Etat ou de la vulgarisation du discours, en divisant la nation en deux camps - nous conduit à une rupture citoyenne.
Nous ne sommes plus en République car le conflit d'intérêt est plus côté que l'intérêt général, que le
pouvoir de l'argent roi a supplanté le jardin des connaissances et du savoir. Et il est encore plus grave de dire que le seul danger vient seulement de l'extrême droite ; il vient de tous ceux
qui lui sont associés et qui trépignent de joie populaire lorsque le verbe les « entraîne par sa volonté et par ses caprices ». Méfions nous de ce que l'on nomme la droite républicaine.
Aurions-nous oublié, si vit, que le mot « Résistance » symbole de la République n'est pas à la portée de tout le monde et qu'il nécessite du courage et de l'abnégation...le contraire de la
soumission et du regard béat ?
Lorsque la République s'administre par injonctions, dénonciations gratuites, discours jaillis d'un seul
Palais, c'est le retour aux régimes des Tuileries et de Saint-Cloud. Ce discours là, personne ne l'avait intégré au programme de la campagne présidentielle de 2007...
Denys Pouillard
Directeur de l'Observatoire de la vie politique et parlementaire : site www.vlvp.fr
lire l'article entier sur Media Part : 4 septembre: «La République n'a jamais cessé
d'exister»!
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