Lundi 12 juillet 2010
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Israël a entamé la construction d'une nouvelle section de sa "barrière de sécurité" entre l'Etat hébreu et la Cisjordanie: le tracé passe par Walajeh, et nombre d'habitants redoutent que
cela signifie à terme la disparition du village.
Walajeh, en Cisjordanie, redoute d'être encerclée par la "barrière de sécurité"
Nouvel Observateur
Israël a commencé en 2002 la construction de ce "mur de séparation", insistant sur la nécessité de dissuader les terroristes de pénétrer sur son territoire, après
des attentats-suicides ayant fait des centaines de morts en Israël. Mais la barrière, où alternent murs de béton en zone urbaine et grillages métalliques ailleurs, empiète sur la Cisjordanie et
les Palestiniens accusent l'Etat hébreu de s'en servir comme un instrument d'annexion de terres.
La nouvelle section en construction, selon une carte du ministère israélien de la Défense, doit totalement encercler Walajeh, une localité de quelque 2.000
habitants au sud-ouest de Jérusalem. La plupart des terres agricoles de Walajeh, si la construction est menée à bien, deviendront inaccessibles.
"On s'accrochera au village, avec les dents", prévient le conseiller municipal Adel Atrache. "Mais on ne sait pas comment la prochaine génération envisagera les
choses. Elle ne pourra peut-être pas vivre avec toutes ces difficultés et décidera de partir".
Il y a six ans, la Cour internationale de Justice avait jugé que le tracé de la barrière de sécurité à travers la Cisjordanie constituait une infraction au droit
international et a invité Israël à démanteler ce qui avait déjà été construit. L'Etat hébreu a rejeté les conclusions de la CIJ, qui n'ont pas force de loi, et a démenti établir une
frontière.
"Dans de futures négociations" sur un Etat palestinien, "le tracé de la barrière de sécurité ne sera pas un facteur politique", a assuré un porte-parole du
ministère israélien des Affaires étrangères, Yigal Palmor. La barrière est à ce jour achevée aux deux tiers et s'étend sur plus de 400km.
A Walajeh, la barrière doit faire une incursion profonde en Cisjordanie pour laisser les colonies d'implantation de Har Gilo et Gouch Etzion du côté "israélien" du
tracé. Interrogé, le ministère de la Défense s'est refusé à fournir des précisions, notamment sur la circulation des habitants dans leur future enclave.
D'après Adel Atrache, l'armée israélienne a évoqué la possibilité de mettre en place une route d'accès, protégée par un poste de contrôle, et des portes permettant
aux agriculteurs de se rendre sur leurs terres. Mais les habitants sont sceptiques, confie-t-il.
Au cours des dernières semaines, les engins de terrassement ont commencé à niveler le sol et déraciner des arbres près de Walajeh, en préparation des travaux. Ahmed
Barghouti, 63 ans, explique avoir ainsi perdu 88 oliviers le mois dernier et redoute maintenant qu'un caveau familial proche soit détruit.
L'avocat de la municipalité, Me Gniath Nasser, dit avoir obtenu un ordre temporaire d'interruption des travaux à cet endroit, jusqu'à ce que la Cour suprême
israélienne statue sur le sort du caveau. Les tribunaux israéliens ont été saisis de nombreuses plaintes et la Cour suprême a déjà ordonné au gouvernement des modifications du tracé dans
certaines localités, comme à Bilin.
Omar Hadjajla, un voisin d'Ahmed Barghouti, dit avoir été informé par des responsables israéliens que sa maison serait totalement entourée de grillages. "C'est
comme mettre toute ma famille en prison", déplore-t-il.
Autre problème, de nombreuses maisons de Walajeh ont été construites sans autorisation israélienne et risquent ainsi d'être rasées, note Meir Margalit, un
conseiller municipal de Jérusalem qui a pris position pour le village. Ces permis, dit-il, sont impossibles à obtenir. "Dans tous les cas, mon sentiment est que Walajeh va disparaître",
estime-t-il.
article Nouvel Observateur : Walajeh, en Cisjordanie, redoute d'être encerclée par la "barrière de sécurité"
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