Vendredi 23 avril 2010
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Pour ne pas être taxés d'anti sémites et parce que cela nous parait plus juste, nous préférons parler
d'israéliens plutôt que de juifs, et bien nous avons tort et ce n'est pas nous qui le disons.
« Il n’y a pas de nation israélienne distincte du peuple juif... Le peuple juif est composé non seulement
des juifs qui résident en Israël mais également de la communauté juive de la diaspora. » dit en 1970 Shimon Agranat, alors président de la Cour suprême.
Israël a refusé de reconnaître une nationalité israélienne à l’instauration du pays en 1948, faisant ainsi
une distinction inaccoutumée entre « citoyenneté » et « nationalité ». Même si tous les Israéliens sont qualifiés « citoyens d’Israël », l’Etat, lui, est défini comme appartenant à la « nation
juive », c’est-à-dire non seulement aux 5,6 millions de juifs israéliens mais encore aux plus de 7 millions de juifs de la diaspora. (info
palestine.net)
.../...
Uri Avnery, activiste pour la paix et ancien membre du parlement, dit que le système de nationalité actuel
offre aux juifs qui vivent à l’étranger une plus grande implication en Israël qu’au un million trois cent mille citoyens arabes qui sont en Israël.
« L’Etat d’Israël ne peut reconnaître une nation "israélienne" parce que c’est l’Etat de la nation
"juive"... Il appartient aux juifs de Brooklyn, de Budapest et de Buenos Aires, même si ceux-ci se considèrent comme appartenant aux nations états-unienne, hongroise ou argentine. »
(idem)
Si bien qu'un dirigeant occidental, s'il est juif se doit aussi de défendre l'état d'Israël ... On comprend
alors le soutien et l'ambiguité de certains gouvernants. On n'est pas loin du phénomène du dédoublement de personnalité ...
Ainsi Dominique Strauss Kahn, dirigeant du Fonds Monétaire International, a pu affirmer en 1990
"Je considère que tout Juif dans la diaspora, et donc c'est vrai en France, doit partout où il le peut
apporter son aide à Israël. C'est pour ça d'ailleurs qu'il est important que les Juifs prennent des responsabilités politiques. Tout le monde ne pense pas la même chose dans la Communauté juive,
mais je crois que c'est nécessaire. Car, on ne peut pas à la fois se plaindre qu'un pays comme la France, par exemple, ait dans le passé et peut-être encore aujourd'hui, une politique par trop
pro-arabe et ne pas essayer de l'infléchir par des individus qui pensent différemment en leur permettant de prendre le plus grand nombre de responsabilités. En somme, dans mes fonctions et dans
ma vie de tous les jours, au travers de l'ensemble de mes actions, j'essaie de faire en sorte que ma modeste pierre soit apportée à la construction de la terre d'Israël." (Propos recueillis par
Emille Malet, Passages n°35, février-mars 1991).
Nous sommes là devant un problème qui dépasse celui du moyen orient ... l'existence d'un état qui se définit
comme juif en englobant en son sein les citoyens d'un autre pays nourrit l'antisémistisme, pour ne pas dire qu'elle le provoque... Comment alors peut-on parler en France d'identité
nationale?... Certes la double nationalité est autorisée, mais voilà que tout à coup des juifs qui n'ont rien demandé à personne, sauf le droit de vivre en paix et d'être respectés, se trouvent,
peut-être à leur corps défendant, appartenir à l'état d'Israël ...
Cependant certains réagissent : 108
Juifs étasuniens rejettent publiquement la « loi du retour » israélienne.
Par ailleurs une telle perspective d'un état juif ne peut accepter en son sein les non juifs, cela mène
inévitablement à la mise en place de la politique d'apartheid.
Des pays démocratiques ne sauraient accepter une telle situation, c'est pourtant ce qu'ils font chaque jour
un peu plus en appelant terroriste ou antisémite quiconque s'oppose à cette folie d'un état juif. Un état qui étend ses tentacules dans le monde entier ...C'est ce qu'ils font en interdisant le
boycott d'Israël et en l'accueillant dans leurs institutions.
Nous ne voulons pas devenir antisémites, nous voulons respecter la religion juive et nous voulons pouvoir
appeler Israéliens les habitants de ce pays peu importe qu'ils soient juifs, musulmans, chrétiens ou bouddhistes.
Mais nous n'oublions pas que ce pays fut jadis la Palestine dont les habitants, eux, étaient palestiniens
aspirant à être libérés du joug britannique.En guise de libération ils furent chassés de leur terre et spoliés de leur bien.
Comme nous n'avons pas voulu oublier le drame des camps nazi, nous n'oublierons pas Al
Nakba...
Nous n'oublierons pas Al Qods, nous n'oublierons pas Gaza ... et nous espérons que le peuple
palestinien sera largement dédommagé de toutes ses pertes et des 60 années de misère.
Un groupe de juifs et d’arabes se bat devant les tribunaux israéliens pour que chacun soit reconnu en
tant qu’ « Israélien », une nationalité qui leur est aujourd’hui refusée dans un dossier que les officiels voient comme une menace pour leur statut autoproclamé d’Etat juif. [...]
Maryvonne Leray
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