Lundi 23 août 2010 1 23 /08 /Août /2010 12:22

 

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La chaîne d’information américaine CNN a diffusé les images amateurs , qui circulent depuis quelques jours sur la plateforme vidéos Dailymotion, de l’évacuation musclée de 150 personnes qui s’étaient installées avec femmes et enfants au pied d’un immeuble de la Courneuve en Seine-Saint-Denis. Une évacuation opérée par la police mercredi 21 juillet. PLUS D'INFOS SUR TELEOBS.COM

 

 

 

CHOISY LEROY : ILS N'ONT PAS EU LE TEMPS DE VIDER LEUR TASSE DE CAFÉ

Des méthodes dignes de la Gestapo

 

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Nicolas Sarkozy evokes memories of Gestapo by rounding up Roma for expulsion 

 

Gestapo

"La politique de Nicolas Sarkozy rappelle le souvenir de la gestapo en expulsant les Roms" titrait, le 17 août, le Times (Grande-Bretagne), repris par The Australian. Le quotidien indigné raconte l'expulsion des Roms de Choisy-le-Roi lors de laquelle les policiers ont accordé trente minutes aux Roms pour quitter leurs abris, installés sous une autoroute.

 

source l'Express



Sarkozy chasse les Roms de Choisy-le-Roi

FRANCE TERRE D'ASILE

 

Dans une caravane, le café du matin est servi dans quatre tasses. Ceux qui l'ont préparé n'ont pas eu le temps de le boire. Dans une autre roulotte, deux canettes de bière, une bouteille de Coca en plastique remplie d'eau. Puis dans celle-ci, des vêtements soigneusement pliés sur un lit. Ailleurs, on découvre une enveloppe kraft grand format à l'en-tête du ministère de l'Intérieur, sur laquelle figure la liste des documents à fournir pour obtenir un titre de séjour. Et un peu partout des chaussures d'enfants ou d'adultes. Ici, sur ce terrain, voie des Roses à Choisy-le-Roi (Val-de-Marne), vivaient, depuis un peu plus de deux ans, plus d'une centaine de Roms venus de Roumanie. Les objets encore présents témoignent que la vie s'est arrêtée d'un coup hier matin vers 6 h 15, lorsque 300 gendarmes mobiles (quatre escadrons) aidés par 150 policiers sont venus expulser les habitants. Alertés par les rumeurs d'une intervention immédiate, nombre d'entre eux avaient déjà quitté les lieux lorsque la police est intervenue. Mais une soixantaine de personnes se trouvaient encore sur place. Restées sur les lieux «par résignation, par épuisement, peut-être aussi parce qu'ils avaient des enfants en bas âge», commentait hier Jean Frouin, membre de la Ligue des droits de l'homme.

SQUAT

 De façon concomitante, deux autres expulsions visant des Roms ont été menées, non loin de là, dans un immeuble squatté rue Sébastopol et dans une parcelle occupée par d'autres caravanes. Au total, hier matin, 163 personnes ont été évacuées de Choisy, selon des chiffres de la préfecture du Val-de-Marne.


Parmi elles, 71 personnes en situation irrégulière devaient être acheminées dans des centres de rétention administrative et sont sous la menace d'une expulsion du territoire. Les autres ont été accueillis dans un centre d'hébergement de la Croix-Rouge à Limeil-Brévannes. Derrière les vitres de l'autobus qui emmenait les Roms de la voie des Roses, certains tentaient quelques signes de la main, en direction de membres du Collectif de soutien aux familles ou de riverains rassemblés derrière les barrières installées par la police pour tenir tout le monde à distance.


INTÉGRATION

 «Cette évacuation ne va probablement rien résoudre. On a déjà renvoyé des Roms en Roumanie, et ils sont revenus. Parce que la discrimination profonde qu'ils subissent dans leur pays d'origine perdure et les incite à partir», expliquait Michèle Mézard, responsable de la mission Roms-Ile-de-France à Médecins du monde. D'autres membres du collectif de soutien déploraient la «méthode brutale» utilisée contre des familles en voie d'intégration.

Bianca, Darius, Iasmin, Bogdan, Nicu, Adrian... une dizaine d'enfants de Roms fréquentaient l'école du quartier, le groupe scolaire Marcel-Cachin, témoigne Michel Fèvre, enseignant à Choisy-le-Roi. Certains étaient en maternelle, d'autres en cours élémentaire dans des classes d'intégration pour enfants non francophones. Des parents aussi commençaient à prendre pied dans le monde du travail. Selon Michèle Mézard, «quelques hommes travaillaient au noir dans le bâtiment». D'autres allaient se fournir en fleurs à Rungis et «vendaient des bouquets sur les marchés place d'Italie à Paris ou à Montreuil». La récupération de matériaux, notamment du cuivre, offrait aussi à certaines familles un petit revenu. Un groupe de musiciens s'était constitué dans le squat de la rue Sébastopol. Rhythm & Roms devait donner un concert le 13 décembre dans la salle Gare au théâtre à Vitry, lors d'une soirée d'information et de débats consacrée aux Roms.


PAS DE CHARGE

Hier, les enfants ne sont donc pas allés à l'école et n'y retourneront sans doute jamais. D'un coup, les adultes que l'on voyait vaquer comme les autres habitants du quartier ont disparu de la ville. Au terme de l'expulsion, la presse a été invitée à «visiter le camp» de la voie des Roses. Au pas de charge, il a été possible de parcourir ce terrain boueux où des familles tentaient de survivre. Tous les objets du quotidien étaient encore là. Les habitants n'ont pu emporter que le strict nécessaire. «Des affaires de première nécessité», précisait un policier. «Nous allons garder le camp. Des membres de la Croix-Rouge pourront récupérer ce qui reste plus tard», indiquait la commissaire.Quand ? Pas de réponse. Histoire de montrer que rien ne sera perdu, caravanes et baraques ont été numérotées à la peinture. Chaque numéro correspondant à un ancien occupant. Aucune trace de bousculade : tout semblait en ordre. Pour les forces de l'ordre, ces habitants, arrachés à leur tasse de café, ont été «traités de façon irréprochable»... .

par SERAFINI Tonino

Libération, le 04/12/2002

Publié dans : LES EDITOS
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