Cri du Peuple 1871
Alors que le monde a les yeux tournés vers les Etats-Unis où Barack Obama a remporté dans la nuit de mardi à mercredi l'élection présidentielle, le président russe Dmitiri Medvedev ne s'en laisse pas compter et tient à également à occuper le terrain médiatique. Et ce de manière particulièrement virulente, quitte à gâcher la fête américaine.
Des missiles russes au milieu de l'Europe
Réagissant assez tièdement à l'élection d'Obama en déclarant qu'il espère que la "nouvelle administration américaine" optera pour de "bonnes relations" avec la Russie, Dmitri Medvedev dénonce mercredi matin dans son discours annuel à la nation, la politique étrangère des Etats-Unis : "La tragédie de Tskhinvali", capitale de la république séparatiste géorgienne d'Ossétie du Sud à l'origine de la guerre entre Moscou et la Géorgie en août, est "une conséquence de la politique présomptueuse de l'administration américaine". "Nous ne reculerons pas dans le Caucase", lance le président russe. "Le conflit dans le Caucase a été utilisé comme prétexte pour introduire dans la mer Noire des bateaux de guerre de l'Otan et pour imposer plus vite encore à l'Europe le système de bouclier antimissile américain ce qui va provoquer des mesures de rétorsion de la Russie", ajoute Medvedev précisant à ce propos que la Russie va déployer des missiles Iskander dans la région de Kaliningrad (ouest), enclave russe entourée de pays de l'Union européenne, afin de "neutraliser" les éléments du bouclier en question.
"Les Etats-Unis n'ont pas écouté"
Au-delà de l'axe géopolitique, la charge russe contre les Etats-Unis s'appuie également sur la crise financière qui, selon Medvedev, a été provoquée par les "erreurs dans le domaine financier" et "l'absence du sens de la mesure" des Etats-Unis. "En gonflant la bulle financière pour stimuler leur croissance, les Etats-Unis ne se sont pas donné la peine de coordonner leurs efforts avec d'autres participants des marchés et ont ignoré tout sens élémentaire de la mesure", précise Dmitri Medvedev avant d'ajouter que "Les Etats-Unis n'ont pas écouté les mises en garde de la part de leurs partenaires, y compris les nôtres, et ils ont par conséquent nui à leurs intérêts et aux intérêts des autres". "Les leçons de la crise de 2008 ont prouvé à toutes les nations qu'il est temps d'agir", répète le président russe. "Nous devons réformer radicalement les systèmes politique et économique. La Russie, quoiqu'il arrive, va insister sur ce point".