Cri du Peuple 1871







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La condamnation en première instance du DAL, hier, à 12 000 euros d'amende pour avoir posé des tentes rue de la banque est un acte inédit.



En France, depuis la seconde guerre mondiale, c'est toujours au trvers de mouvements d'exaspération que s'est modifiée la politique du logement, souvent engoncée dans des considérations macroscopiques qui se neutralisent entre elles : le soutien à l'industrie du BTP, l'aménagement du territoire, le respect de l'environnement, etc.




En 1945, le mouvement des squatters soutenu par les chrétiens sociaux aboutit à la création des Collecteurs 1%. En 1954, l'Abbé Pierre donne injonction à un ministre de venir à l'enterrement d'une femme morte de froid, ce qui enclenche les cités de transit. Les émeutes de banlieue des années 80 donneront la politique de la ville. L'abbé Pierre encore arrache au candidat Chirac, "100 millions par an pour les sans-abri". En 2007, les Enfants de Don Quichotte permettront l'adoption du droit au logement opposable que les associations raisonnables (dont je fais partie) n'avaient pas réussi à obtenir.





Tous ont employé la même stratégie : mettre en visibilité les problèmes que la collectivité préfère ignorer. Et pour rendre visible, il faut déranger un peu. Au nom de "l'état de nécessité". Petit codicille juridique : l'état de nécessité est un principe général du droit français, il devrait s'appliquer en tout. Mais la jurisprudence ne le reconnaît qu'en matière pénale (il n'y aurait que l'Etat qui serit responsable de l'état de nécessité, pas les particuliers, possédants. Je ne crois pas trop à l'idée de "justice bourgeoise", mais parfois elle tend le bâton pour se faire battre...). Et alors là, on ne comprend plus la décision concernant le DAL : si c'est du civil, pas d'amende ; si c'est du pénal, on peut reconnaître l'état de nécessité des familles qui étaient là. Pour y être passé à cette époque, ça ne respirait pas franchement le camping de tourisme...




Jamais la collectivité n'avait mis en cause ceux qui cherchent à pointer les limites qu'elle rencontre au regard de ses propres objectifs, des objectifs intemporels de la Cité depuis Aristote "assurer la vie et le bien-vivre". Cet objectif est la source de la légitimité de tout pouvoir, de toute loi. Affirmer que ceux qui rendent visible la mauvaise qualité des résultats sont des criminels signe la fin du dialogue social.




C'est malheureux, mais les choses vont devenir claires. Il n'y a plus de partenaires, plus d'opposition civilisée. Il n'y a plus que le règne du plus fort et vae victis, malheur aux vaincus. Ce sont les pouvoirs constitués qui appellent le retour de la violence politique, là où existaient des mouvements sociaux, finalement sobres (pas de dégradation, pas de violences physiques,...).





Mme Boutin avait lors de ce campement fait sa petite crise d'autorité. Alors, d'accord, aujourd'hui le DAL a perdu une bataille, mais Mme Boutin et son service de comm' ne sont que des tigres de papier. Ils ne pourront pas marcher sur la tête (des mal-logés) très longtemps. Les méchants ne sont pas toujours punis, mais ça arrive quand-même parfois...

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ON PEUT TOUJOURS ALLER MOURIR A VINCENNES





Un troisième SDF retrouvé mort dans le bois de Vincennes



Pour la troisième fois en moins d'un mois, un sans-abri a été découvert mort, mardi 25 novembre après-midi, en région parisienne. C'est l'association Emmaüs, en train de faire sa première tournée pour venir en aide aux SDF dans le bois de Vincennes, à Paris, qui l'a trouvé près de l'esplanade du château de Vincennes. Selon le délégué général de l'association, il semblait "mort depuis un bon moment".



Mer 26 nov 2008 2 commentaires

Fi de l'honneur de la République Française !...

Chaque jour qui passe nous enfonce un peu plus dans la voie de l''horreur...

C'est l'occasion de (re)lire le cri du coeur de Patrick DECLERCK dans un petit livre édité chez Gallimard et intitulé

Le sang nouveau est arrivé  -  L'horreur SDF

pierre - le 26/11/2008 à 22h07
ce régime politique a un nom et une histoire, en particulier en Europe.
robert - le 26/11/2008 à 22h12