Cri du Peuple 1871
vendredi 12 juin 2009 Société. Les abattoirs de Rezé désertés, un avion spécial décolle hier de Nantes
120 Roms en charter
Plusieurs familles Roms ont accepté le « retour volontaire » et se sont envolées pour la Roumanie hier.
Vingt heures, hier soir : le terrain des anciens abattoirs de Rezé est désert. Signes d'un départ précipité, ne restent derrière les barbelés, qu'un vieux landau rouillé, des matelas troués, des charriots renversés... Le matin même pourtant, des dizaines de familles roms vivaient encore sur ce vieux site désaffecté de 12 hectares, au milieu des herbes folles, dans des caravanes bringuebalantes et des conditions sanitaires désastreuses. Elles avaient échoué là, après avoir été expulsées d'ailleurs, il y a quatre mois peut-être. Poussées du chemin du Moulin-des-Marais, ou d'autres bouts de terrains rezéens.
300 € en poche
Hier après-midi, à 17 h, un avion affrété pour l'occasion a décollé de l'aéroport de Nantes pour emmener nombre d'entre elles très loin de l'agglo nantaise : en Roumanie. « Il y avait 120 personnes à bord », indique un fonctionnaire. « Tous ces Roumains ont accepté l'aide au retour volontaire ». Ou plutôt l'aide au retour humanitaire. « Oui », confirme Christina, militante de RomEurope. « C'est-à-dire qu'elles sont parties avec 300 € en poche » (Dans l'autre cas, le pécule était de 2 000 euros).
Sur cette friche, les Roms étaient depuis longtemps persona non grata. Une procédure d'expulsion avait été déposée en avril dernier. Au palais de justice de Nantes, en mai, les familles avaient sollicité un délai. Le juge des référés le leur avait accordé. Mais il ne pouvait excéder un mois. « Depuis début juin donc, on attendait de voir ce qui allait se passer », explique Christina. « Mais on se doutait bien qu'un commandement de quitter les lieux allait tomber... » C'est arrivé mardi dernier.
Troisième avion
Entre-temps, l'Office français de l'immigration et de l'intégration est passé proposer aux familles ce « retour organisé » tous frais payés, en Roumanie. « Un leurre », selon Me Emmanuelle Neraudau, spécialiste du droit des étrangers, qui s'exprimait justement à ce sujet dans nos colonnes lundi dernier. « Ces aides, auxquelles on a donné un si joli nom, impliquent des dépenses publiques monstrueuses et sont parfaitement improductives », disait-elle. « Des assos solides devraient les accompagner là-bas, mais pour l'instant, cette mesure est un fiasco », abonde RomEurope. « Elles reviendront bientôt à Nantes ou dans les environs, c'est certain ».
À Rezé, une quinzaine de familles a signé. Les autres « auraient atterri quelque part à Vertou... »
Dans l'agglomération nantaise aujourd'hui, quelque 1 500 Roms seraient installés. Depuis le début de l'année, c'est le troisième avion spécial au départ de Nantes. Les deux autres accueillaient deux fois moins de « voyageurs ».
Anne-Hélène Dorison et Etienne Mvé
presse océan
120 Roms en charter
Plusieurs familles Roms ont accepté le « retour volontaire » et se sont envolées pour la Roumanie hier.
Vingt heures, hier soir : le terrain des anciens abattoirs de Rezé est désert. Signes d'un départ précipité, ne restent derrière les barbelés, qu'un vieux landau rouillé, des matelas troués, des charriots renversés... Le matin même pourtant, des dizaines de familles roms vivaient encore sur ce vieux site désaffecté de 12 hectares, au milieu des herbes folles, dans des caravanes bringuebalantes et des conditions sanitaires désastreuses. Elles avaient échoué là, après avoir été expulsées d'ailleurs, il y a quatre mois peut-être. Poussées du chemin du Moulin-des-Marais, ou d'autres bouts de terrains rezéens.
300 € en poche
Hier après-midi, à 17 h, un avion affrété pour l'occasion a décollé de l'aéroport de Nantes pour emmener nombre d'entre elles très loin de l'agglo nantaise : en Roumanie. « Il y avait 120 personnes à bord », indique un fonctionnaire. « Tous ces Roumains ont accepté l'aide au retour volontaire ». Ou plutôt l'aide au retour humanitaire. « Oui », confirme Christina, militante de RomEurope. « C'est-à-dire qu'elles sont parties avec 300 € en poche » (Dans l'autre cas, le pécule était de 2 000 euros).
Sur cette friche, les Roms étaient depuis longtemps persona non grata. Une procédure d'expulsion avait été déposée en avril dernier. Au palais de justice de Nantes, en mai, les familles avaient sollicité un délai. Le juge des référés le leur avait accordé. Mais il ne pouvait excéder un mois. « Depuis début juin donc, on attendait de voir ce qui allait se passer », explique Christina. « Mais on se doutait bien qu'un commandement de quitter les lieux allait tomber... » C'est arrivé mardi dernier.
Troisième avion
Entre-temps, l'Office français de l'immigration et de l'intégration est passé proposer aux familles ce « retour organisé » tous frais payés, en Roumanie. « Un leurre », selon Me Emmanuelle Neraudau, spécialiste du droit des étrangers, qui s'exprimait justement à ce sujet dans nos colonnes lundi dernier. « Ces aides, auxquelles on a donné un si joli nom, impliquent des dépenses publiques monstrueuses et sont parfaitement improductives », disait-elle. « Des assos solides devraient les accompagner là-bas, mais pour l'instant, cette mesure est un fiasco », abonde RomEurope. « Elles reviendront bientôt à Nantes ou dans les environs, c'est certain ».
À Rezé, une quinzaine de familles a signé. Les autres « auraient atterri quelque part à Vertou... »
Dans l'agglomération nantaise aujourd'hui, quelque 1 500 Roms seraient installés. Depuis le début de l'année, c'est le troisième avion spécial au départ de Nantes. Les deux autres accueillaient deux fois moins de « voyageurs ».
Anne-Hélène Dorison et Etienne Mvé
presse océan
Sam 13 jun 2009
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